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Cet article a été imprimé sur : http://www.voyage.youvox.fr/Ruee-vers-l-Everest,7703

Notre coup de gueule de l’année 2012

mercredi 2 janvier 2013

Il va à tous les alpinistes imprudents qui surestiment leurs capacités, qui méconnaissent la météo et qui sont inconscients du danger.

Une fois de plus en 2012 la montagne a tué. En mai dernier à l’assaut de l’Everest ou en juillet et août au Mont-Blanc par exemple.

Dans l’ascension comme dans la descente de l’Everest, les alpinistes doivent respecter des paliers et emprunter des passages étroits dans la "zone de la mort", partie de la montagne au-dessus de 8 000m où il est impossible de survivre plus de 48h au froid intense et au manque d’oxygène. Mais en cas d’affluence, ces goulets sont encombrés, et les alpinistes qui s’y retrouvent coincés trop longtemps finissent par ne plus être capables de continuer. Depuis l’ascension historique de Sir Edmund Hillary and Tenzing Norgay le 29 mai 1953, plus de 10 000 personnes ont tenté l’Everest et près de 4 000 l’ont réussi. Mais plus 200 personnes ont perdu la vie, dont la moitié au cours des 20 dernières années. Il faut dire que c’est devenu un vrai business ! Les alpinistes versent environ 25 000 dollars US (près de 20 000 euros) aux sociétés qui organisent leur ascension et entre 10 et 25 000 USD pour obtenir l’autorisation de gravir l’Everest. A ce prix-là, pas question de faire demi-tour pour les aventuriers. Et pas question de trop réglementer ce très lucratif tourisme de l’extrême pour le gouvernement népalais...

Plus proche de nous, le Mont-Blanc qui fascine. Chaque été plus de 20 000 personnes se lancent à l’assaut du plus haut sommet d’Europe occidentale, soit plus de 300 alpinistes chaque jour ! Et question prix, c’est très abordable puisque la Compagnie des guides de Chamonix propose par exemple un stage de 5 jours (avec randonnée d’acclimatation et les 2 derniers jours au sommet) pour 1000 euros. Mais même quand les professionnels disent qu’il faut être fou ou inconscient pour entamer l’ascension par la voie royale (via le dôme du Goûter) pendant les fortes chaleurs à cause des ruisseaux de pierres qui déboulent, et même quand la Compagnie des guides de Saint-Gervais suspend ses ascensions, certains ne renoncent pas.

Pourtant c’est toujours la montagne qui dicte ses règles. Et feindre de les ignorer c’est partir avec la mort dans le sac à dos.