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Besançon compteuse et conteuse du temps

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vendredi 13 décembre 2013, par laura
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Activité importée par des réfugiés suisses fin XVIIIe siècle, l’horlogerie est devenue dès le siècle suivant le pilier de l’économie bisontine. Besançon est baptisée "Capitale française de l’horlogerie" lors de l’Exposition internationale de 1860 et sera le premier pôle de production de montres françaises jusqu’en 1970. Une épopée horlogère toujours vivace dans les esprits et toujours visible dans les rues de Besançon.

Des horloges partout. 57 cadrans qui donnent l’année, le millésime, le quantième du mois, l’heure, la date, les saisons, la durée du jour et de la nuit, l’heure à 20 endroits dans le monde, les retours périodiques des éclipses du soleil et de la lune, les signes zodiacaux, la marée et ses mouvements dans 8 ports du monde. Et qui font perdre la notion du temps ! L’horloge astronomique de Besançon, cachée en haut de la cathédrale Saint-Jean, est l’une plus belles pièces d’horlogerie de la ville. Créée en 1860, elle est composée de 30 000 pièces, elle donne 122 indications toutes interdépendantes, et elle est remontée manuellement tous les jours encore aujourd’hui ! Un vieux monsieur, hors du temps lui aussi, actionne les automates du sommet à midi : deux apôtres se retirent, le carrousel des apôtres se met en marche, les anges sonnent les quarts et les autres apôtres signalent l’heure. A 15h, le Christ, ressuscité quelques minutes avant, redescend dans son tombeau et la vierge remonte son sceptre...

Ouvert du 1er octobre au 31 mars tous les jours sauf le mardi et le mercredi, du 1er avril au 30 septembre tous les jours sauf le mardi. Fermé en janvier, le 1er mai, les 1er et 11 novembre et le 25 décembre. Visite commentée à 9h50, 10h50, 11h50, 14h50, 15h50, 16h50, 17h50. Tarif : 3€. www.monuments-nationaux.fr.

Après ce voyage dans l’espace et le temps, il fait bon revenir sur terre et remettre les pendules à l’heure : finalement c’est quoi le temps ? Celui qui passe, inéluctablement. Celui qu’on prend, merveilleusement. Celui qu’on perd, quotidiennement. Celui qu’on aimerait rattraper, utopiquement ? Cette notion qui peut sembler fluctuante est avant tout une durée mesurable développée par l’homme comme va nous l’apprendre le Musée du Temps. Sur le chemin qui nous mène de la cathédrale à la Grande Rue, nous sommes émerveillés par la richesse architecturale bisontine : superbes hôtels particuliers (qui témoignent de la période de grande vitalité économique quand Besançon était capitale de la province), charmantes cours cachées, sublimes fenêtres ornées, multitude d’escaliers extérieurs accrochés au mur (pour gagner de la place dans un site cerné par le Doubs et le rocher de la Citadelle), fantaisie des toitures, harmonie des façades presque exclusivement en pierre ocre et gris bleuté (le calcaire de Chailluz rendu obligatoire dès 1569 afin d’éviter les incendies)... Besançon entretient ses richesses et son secteur sauvegardé de 268 hectares est le deuxième plus important de France.

Le palais Granvelle est son joyau. Ce somptueux palais Renaissance du XVIe siècle construit par Nicolas Perrenot de Granvelle (un proche de Charles Quint), fut successivement une maison familiale, la résidence du gouverneur de la province, une Académie de musique, un immeuble locatif et le musée d’histoire de la ville. Depuis 2002 il accueille le musée du Temps et les collections d’horlogerie du musée des Beaux-Arts, probablement l’une des plus belles eu Europe. Son fleuron ? La montre Leroy 01 et ses 24 complications, un chef d’oeuvre datant de 1900.

Le temps d’une visite on découvre des horloges murales émaillées, comtoises, d’édifices, de clocher, de table, des monstres d’horloges, des montres bijou, des cadrans solaires, des boîtes de montres, des tableaux, des gravures, mais le temps fort c’est la réflexion autour de la mesure du temps, vite apparue nécessaire pour l’homme. Il fallait des sonneries dans les abbayes pour signaler l’heure des prières, il fallait des éléments fiables de navigation aux moments des conquêtes coloniales, il fallait unifier l’heure dans le pays à l’apparition du chemin de fer. Au fil du temps, plus question de se contenter d’observer le soleil, le temps a été décidé par l’homme pour mettre en place son système de production. Le début du capitalisme ? Presque répondent ceux qui font remarquer que ce n’est pas un hasard s’il y a beaucoup d’horlogers chez les protestants...

Le discours est pédagogique et clair et il n’oublie pas, au deuxième étage, la narration de l’épopée horlogère bisontine. En 1793, Laurent Mégevand, un horloger suisse réfugié politique, s’installe à Besançon et créé une manufacture nationale d’horlogerie pour regrouper l’ensemble de la production. 700 confrères suisses le rejoignent sur place où sont installés 400 ateliers. Mégevand fait faillite mais la plupart de ses compatriotes restent à Besançon pour former les locaux qui deviennent horlogers en chambre. Le temps passe et fin XIXe, la cité couvre 90% de la production horlogère française, une Ecole municipale (puis nationale) d’horlogerie est fondée et un observatoire astronomique voit le jour. Un siècle plus tard, cet âge d’or a fait son temps. La crise pétrolière des années 1970, l’avènement du quartz et la mondialisation mettront fin à cet essor, mais le savoir-faire horloger n’est pas perdu. Besançon se réoriente alors vers les micro et nanotechnologies. Et certains horlogers (Breitling, L. Leroy, Festina, Seiko) y sont même revenus ces dernières années.

Ouvert du mardi au samedi de 9h15 à 12h et de 14 à 18h, dimanche et jours fériés de 10 à 18h. Fermeture le lundi et les 1er janvier, le 1er mai, le 1er novembre et 25 décembre. Plein tarif : 5€ (billet d’entrée aussi valable pour le musée des Beaux-Arts et d’Archéologie). www.besancon.fr/museedutemps.

Les traces de ces temps héroïques sont également visibles en dehors du Musée du temps. Il suffit juste de lever les yeux pour chercher dans les rues du centre-ville les verrières des surévaluations des immeubles : ce sont les anciens ateliers des horlogers qui avaient besoin de fenêtres plus larges pour mieux travailler la lumière. Et en deux temps trois mouvements vous verrez aussi la façade Art Déco de l’Ecole Nationale d’horlogerie, le bâtiment de l’usine des horlogeries Dodane classé monument historique ou encore le musée de l’entreprise Maty (qui fut l’une des premières à vendre des montres par correspondance). Sachez que l’Office de Tourisme de Besançon propose des visites guidées sur le thème des "horlogers dans la ville".


Ces parcours mènent forcément au musée des Beaux-Arts pour admirer l’horloge géante qui orne sa façade. Cette attraction, visible depuis la Place de la Révolution, mesure 5,5m de haut et pèse plus d’une tonne. La lentille du balancier rappelle les horloges comtoises. L’idée était de faire le décompte avant le lancement du TGV Rhin-Rhône Franche-Comté le 11 décembre 2011. Et de quelle manière ! A 15 et 45 de chaque heure, ses aiguilles tournent à contre temps (vers la gauche) 12 heures en 2 minutes avant de reprendre le cours du temps... Cette oeuvre artistique et technologique est signée Philippe Lebru, arrivé à Besançon à l’âge de 20 ans pour faire une école de commerce. "A l’époque la ville était traumatisée par le déclin de l’industrie horlogère et c’était difficile de se faire prêter de l’argent pour travailler dans ce domaine" se remémore ce créateur de montres et d’horloges contemporaines qui a installé sa société Utinam sur une friche industrielle sur les rives du Doubs. Mais aujourd’hui l’horlogerie est redevenue dans l’air du temps ! Et Philippe Lebru en a profité pour prendre un temps d’avance en inventant des montres en fragment de météorite, des aiguilles qui tournent à l’envers, des jours qui durent 24h et des heures qui prennent la place des minutes !

Avec sa réinterprétation de la tradition des horloges comtoises célèbres pour leur forme et leur tic-tac régulier, son invention du mouvement pendulaire à équilibrage automatique et son utilisation de matériaux hétéroclites (kevlar, plastique, acier, bois), on en perdrait presque la notion du temps... Et pourtant notre train pour Paris part dans quelques minutes. Direction la gare TGV de Besançon /Franche-Comté. Un dernier regard pour l’horloge monumentale accrochée dans la salle des pas perdus, autre oeuvre de Philippe Lebru.

Ses dimensions donnent le tournis : 6 tonnes, 6m de haut, un poteau de 11m, un pendule de 4m, quatre roues de 1 à 3m de diamètre... Et des voies humaines égrènent des "tics" et des "tacs" au rythme d’un battement de coeur... Pas une minute pour souffler : le train arrive tout juste en gare. Ouf, il était temps !

Renseignements sur www.besancon-tourisme.com

Crédits photos : CRT Franche-Comté/Ville de Besançon, CRT Franche-Comté/Eric Chatelain, Musée Japy, Beaucourt, Musée du temps.


Incroyable décembre

Depuis 6 ans, la Franche-Comté se distingue en fin d’année en offrant des manifestations regroupées sous le nom d’« Incroyable décembre en Franche-Comté ». Et comme cette année, le marché de Noël bisontin célèbre ses 20 ans, on a mis les petits plats dans les grands à Besançon ! Ainsi, sur la promenade Granvelle, des manèges pour enfants et des lumières féériques accompagnent vos pas. Place du 8 septembre, sur le parvis de l’Église Saint-Pierre, les villes jumelées de Besançon racontent leurs plus belles traditions festives pour découvrir comment on célèbre Noël en Russie, en Pologne, en Roumanie, en Italie, en Suisse et en Allemagne. Place de la Révolution, 70 chalets composent un marché de Noël traditionnel alors que la Place Pasteur propose, elle, un marché de Noël des Métiers d’Art avec, entre autres, des artistes et artisans d’art. Signalons, à ce propos, une nouveauté cette année avec des ateliers d’artistes qui vous font porter la toque et passer en cuisine pour réaliser des menus de fêtes avec un grand chef.

Besançon Tourisme et Congrès propose également à cette période des Petits ateliers et Ateliers d’Artistes pour s’offrir des stages exceptionnels encadrés par des professionnels pendant quelques heures (et jusqu’à 3 jours). Au programme : découvertes des techniques de compositions florales et végétales sur le thème de Noël, l’art du verre, le vitrail et l’enluminure. N’oublions pas non plus les Petites fééries de Noël et Chemin de Crèches, ces balades musicales, poétiques et culturelles à travers la ville pour découvrir le patrimoine bisontin autrement. Ou encore la Randonnée de Noël qui aura lieu le 14 décembre sur une dizaine kilomètres des quais à la Citadelle, en passant bien entendu par les marchés de Noël.

Renseignements sur www.franche-comte.org

vendredi 13 décembre 2013, par laura
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