Rechercher
Add to Netvibes      
logo rss
logo youvox
devenez rédacteurs
A la une
A la une

A la découverte du Salvador

Partagez cet article  ›› 
lundi 15 octobre 2012, par laura
imprimer article  2 réactions

Le plus petit pays d’Amérique centrale et le seul à ne pas avoir d’ouverture sur la mer des Caraïbes est encore méconnu, mais pourtant le Salvador occupe le troisième rang au niveau économique de la région. Sa capitale, San Salvador fondée en 1525, est la deuxième plus grande ville de l’Amérique Centrale avec plus de 600 000 habitants. République indépendante depuis 1841, le pays, désormais stable, s’ouvre au tourisme.

Le tourisme représente 3% du PIB au Salvador. Le pays accueille chaque année 1,6 million de visiteurs dont environ 3 000 Français par an. Le gouvernement va d’ailleurs investir 1,5 million d’euros pour assurer la promotion de la destination sur le marché français, avec comme objectif d’accueillir 20 000 de nos compatriotes d’ici à deux ans.

Si ses sites mayas sont moins impressionnants qu’au Mexique, Guatemala, ou Honduras, et si sa nature est moins exubérante qu’au Guatemala ou Costa Rica, ce pays, loin du tourisme de masse, a une vraie diversité touristique à offrir.

La Route des volcans

Direction l’ouest pour suivre cet itinéraire particulier dans un pays qui compte 25 volcans sur son territoire. Le plus grand et le plus haut, le Santa Ana (ou Llamatepec en langue nahuatl), culmine à 2381m et offre un parcours de trek de 4 heures avec une vue somptueuse sur le lac de Coatepeque. Attention il est encore actif et sa dernière éruption date de 2005. L’Izalco, l’un des plus récent du continent américain (formé en 1770), est, lui, beaucoup moins accessible puisque son ascension se fait en moyenne en 11 heures, obligatoirement accompagnée d’un guide ! Très actif jusqu’en 1958, le "phare du Pacifique" comme l’ont surnommé les marins qui le voient de très loin, est beaucoup plus calme désormais.

Mais l’endroit le plus sûr c’est le parc national Cerro verde, situé autour du volcan éteint du même nom. Au milieu d’une forêt luxuriante de 4500 hectares, c’est le meilleur observatoire des volcans Santa Ana et Izalco et du lac de Coatepeque bleu pur. Mais c’est aussi l’endroit idéal pour des simples balades sur des chemins très bien entretenus, ou des randonnées un peu plus sportives. Et pour les plus courageux c’est de là que partent la plupart des ascensions à l’assaut des deux stars du coin et qu’on trouve des guides qualifiés.

La Route maya

Les premiers habitants du Salvador vécurent à Chalchuapa, à 78km de San Salvador et ils construisirent cinq centres de cérémonies importants, dont Tazumal. Ses ruines s’étalent sur 10km², atteignent 30m de hauteur et les vestiges les plus anciens dateraient de 5 000 ans avant JC. Tazumal (« la pyramide où les victimes étaient brûlées » en quiche), fut édifié en treize différentes périodes et uniquement les deux dernières peuvent être appréciées, dont une plateforme cérémoniale rappelant l’influence de Teotihuacán. On y voit également un terrain de pelote où les Mayas pratiquaient un jeu de balle rituel.

A 25km de la capitale il faut à tout prix voir le site archéologique Joya de Cerén, patrimoine de l’Humanité depuis 1993. C’est un peu le "Pompéi d’Amérique" puisque c’est une éruption volcanique vers l’an 600 qui l’a protégé sous cinq mètres de cendres. Un site seulement découvert par hasard en 1976 et qui offre les seuls vestiges d’architecture domestique maya au monde ! Et dire que les experts pensent que seuls 3% du village d’origine sont actuellement visibles... Signalons également que la visite est rendue d’autant plus agréable qu’un toit protège les touristes du soleil, ou de la pluie.

Autre endroit important à découvrir près de la capitale dans une région fertile : San Andrés, le plus grand site préhispanique du Salvador (magnifiques bijoux architectoniques dont l’acropole) et lieu des cérémonies religieuses. Les Indigènes y viennent encore de nos jours célébrer les solstices d’hiver et d’été.

Pour les amateurs citons également les sites de Tehuacan, Santa Leticia et Quelepa.

La Route de la paix

Etonnamment ce pays aujourd’hui en paix ne cesse de parler de la guerre et de son passé tumultueux... Il est vrai que la guerre civile de 1980 à 1992 a fait officiellement plus de 100 000 morts et laissé de très nombreuses traces dans un état qui ne comptait alors que cinq millions d’habitants. D’un côté l’extrême-droite, de l’autre la guérilla marxiste, et une junte militaire bien aidée par les Etats-Unis...

C’est au nord-est qu’il faut aller pour suivre un embryon de cette Route de la paix, dans une région encore rurale et qui plaira également aux amoureux de la nature. C’est là qu’ont eu lieu la majorité des combats. Il ne faut pas rater Perquín, petit village à 1230m d’altitude au milieu les montagnes qui fut le siège de la radio de la guérilla et visiter le musée de la Révolution inauguré en 1992. Accompagné d’un ancien guérillero bien entendu. Il faut aussi passer par El Mozote, lieu du massacre par l’armée de 600 paysans et de 460 enfants en 1981. Aujourd’hui les noms de ces enfants sont gravés sur la façade de l’église du village et un mémorial, construit en 1991, leur rend hommage. Cette Route de la paix devrait être développée en 2014 avec la création de chemins de randonnées pour vivre, selon les termes du Ministre du tourisme "l’essence de la guerre".

A la fin des années 70, un homme, l’archevêque Oscar Romero, a dénoncé la pauvreté, l’injustice sociale, les assassinats et les actes de torture. Il s’est également prononcé contre l’aide militaire apportée au nouveau régime par les États-Unis et a appelé les soldats à désobéir aux ordres de tirer sur des civils innocents. Pour lui la foi chrétienne comportait une dimension politique. Il fut assassiné le 24 mars 1980 par les escadrons de la mort lors de la célébration d’une messe. Ce sera l’un des deux détonateurs du déclenchement de la guerre civile (avec la fondation du parti révolutionnaire). Voix des pauvres, icône d’un peuple mort en martyr, tous les Salvadoriens le vénèrent aujourd’hui comme un Saint. D’ailleurs, en 2007, le pape Benoît XVI a accepté de lancer le processus en faveur de sa béatification.

Un circuit touristique en hommage à Mgr Romero entre la capitale San Salvador et la ville de Santa Tecla vient d’être lancé par le Président de la République. Il débute dans la crypte de la cathédrale de San Salvador où son imposant tombeau et sa sculpture en bronze reçoivent, avec beaucoup de solennité, l’hommage de centaines de personnes quotidiennement. Le parcours se poursuit bien entendu par un détour au nord-ouest de la ville dans la chapelle de l’hôpital de la Divine Providence, où Mgr Romero fut mortellement atteint d’un coup de fusil en pleine poitrine. Puis à côté, on visite son ancien deux-pièces, transformé en petit musée, où sont exposés dans une vitrine l’aube ensanglantée du jour de son assassinat et une très gênante pierre, là encore tâchée de son sang... L’itinéraire passe également par le Centre Mgr-Romero de l’Université centro-américaine, au sud-ouest de la ville, et la place « El Salvador del mundo » où figure un portrait.

La route du café

Après avoir vécu de la production de cacao avant de se spécialiser dans l’indigo au 17e siècle, l’introduction du café dans les années 1860 a bouleversé le Salvador. Cette république caféière a favorisé l’apparition d’une oligarchie ne concernant qu’une dizaine de familles de propriétaires terriens. Après la crise de 1929, le prix du café chute et provoque une révolte paysanne dans l’ouest du pays. Aujourd’hui encore le Salvador est l’un des plus grands producteurs au monde.

Une Route du café existe officiellement depuis 2011 autour de la commune de Jayaque connue pour ses exploitations de café sur la Cordillère del Bálsamo. Au menu : découverte de la récolte des grains (entre novembre et février), du tri par poids, de la fermentation (entre 6 à 8 heures), de la sélection à la main avant le lavage et le séchage (14 jours à l’air libre), de la torréfaction (cependant faite à l’étranger généralement pour le café exporté, soit pour 70% de la production), de la mise en paquet et de l’étiquetage. Et en plus de l’explication de ce processus, différentes activités sont proposées dans les superbes fincas : dégustation des différents types de café, déjeuner et dîner, nuit presque chez l’habitant, visite de musées thématiques ou autres randonnées botaniques.

Bref un vrai parcours initiatique autour de la culture du café. Et pour voir les richesses des propriétaires des plantations, faîtes un tour dans la ville de Santa Ana, la deuxième du pays. Les plus nantis qui voyageaient en Europe y ont fait construire des superbes villas par des artisans européens.

La Route des fleurs

Comme son nom l’indique, la route qui mène à l’ouest vers Nahuizalco, Juayúa (qui veut d’ailleurs dire "lieu des orchidées et des fleurs pourpre" en nahuatl), Concepción de Ataco, Salcoatitan ou encore Apaneca est assourdissante de couleurs et de parfums. Partout, dans les lieux publics comme dans les propriétés privées, les fleurs sont éclatantes et la nature exubérante.
Une pause au Jardin de Celeste s’impose entre Apaneca et Ataco. C’est un lieu magique, tel un paradis des fleurs où les plantes et les couleurs abondent dans un majestueux jardin. Et où les fleurs se mangent et se boivent aussi dans l’excellent restaurant. Goûtez absolument le jus de la fleur de Jamaïque, semblable au jus d’hibiscus. Plaisir des yeux et des papilles ! A noter que l’établissement propose également des chambres et des cabanes.

Vous pouvez aussi opter pour une ambiance plus intime et choisir un dîner romantique en terrasse au Tayua Gastro Bar à Ataco qui ne cuisine qu’avec des ingrédients organiques cultivés dans le potager des propriétaires...

Nahuizalco est la première halte de cette Route des fleurs. La ville, fondée et habitée depuis par les Pipils, est l’un des plus anciens et plus importants foyers indigènes du pays. C’est donc également la région parfaite pour mieux comprendre la culture maya et découvrir l’artisanat local (osier, roseau, rotin, cèdre, laurier, caféier). A Juayúa vous irez également voir le christ noir de l’Eglise Santa Lucia et à Concepción de Ataco vous apprécierez les rues pavées et les fresques aux couleurs vives qui inondent tous les murs. Une ambiance coloniale, surannée à souhait !

Et puisqu’on parle de ville coloniale, le plus bel exemple salvadorien c’est Suchitoto, à 45mn en voiture de San Salvador. Vieilles maisons aux façades blanches bien alignées, toits de tuiles, rues pavées, coupole de l’église en porcelaine : le village est très bien préservé. Et sa vue sur le plus grand lac du Salvador, le lac Suchitlan, en fait le lieu de prédilection des artistes locaux.

Il y a donc beaucoup de choses à voir dans ce petit pays ! Et lors d’un entretien exclusif, José Napoleón Duarte Durán, le Ministre du Tourisme salvadorien, nous a révélé que les autorités souhaitent encore mettre en place dans les prochaines années de nouvelles routes : une route des plages au sud (bordé par l’océan Pacifique avec le développement de Puerto Libertad), une route des sources thermales dans la région de Santa Teresa, une route de l’écotourisme dans le Golfe de Fonseca (en partenariat avec les paysans) et une route artisanale pour promouvoir le travail des communautés (le barro negro, cette poterie noire caractéristique de la région de San Vicente, le métier à tisser de San Sebastien, la céramique de Llobasco).

Renseignements sur www.elsalvador.travel et sur www.visitcentroamerica.com

Nos bonnes adresses d’hébergement

- Hotel Tortuga Village

Un petit havre de paix les pieds dans l’océan Pacifique sur la Costa del Sol, avec des cases joliment décorées, une belle végétation et des petits-déjeuners gargantuesques. Comme son nom l’indique on peut y voir des tortues pendant la saison des pluies (de mai à octobre).

Boulevard Costa del Sol, km 66 ½, La Paz, La Herradura. Tel : (503) 2531-0771 / (503) 2531-0773. www.tortuga-village.com

- Segen Hostel

10 chambres (dont une pour 5 à 6 personnes) aux prix abordables à deux pas du centre d’Ataco. Belle terrasse.

3ª Calle Poniente #1, Barrio El Ángel. Ataco. Tel : (503) 2450-5832. Contact : segenhostel@hotmail.com

- Hotel Anahuac

Petite auberge charmante avec des chambres décorées par des artistes locaux.

1a. calle poniente y 5a. avenida norte, Juayúa, El Salvador. Tel : (503) 2469-2401. www.hotelanahuac.com

- Hotel Tekuani Kal

Etablissement inspiré de la culture des Pipils et des Nahuas, descendants des Aztèques (où l’on peut voir le samedi après-midi une cérémonie de sauna aztèque) et avec un concept écologique. 6 chambres. Déconseillé pour les petits.

Playa El Tunco. La Libertad. Tel : (503) 2389-6388. www.tekuanikal.com

- Los Almendros de San Lorenzo

Une ancienne hacienda transformée en hôtel de charme dans un style colonial. Service haut de gamme.

4ta Calle Poniente # 2B. Suchitoto. Tel : (503) 2335-1200. www.hotelsalvador.com

Informations pratiques

Conditions d’entrée : Passeport en vigueur. Selon le pays de provenance, il peut être nécessaire de présenter un visa ou carte de touriste à acheter sur place pour un montant de 10 dollars et une validité de 90 jours. Se renseigner auprès de l’ambassade du Salvador à Paris (01 47 20 95 47).

Climat : Il est assez stable toute l’année, avec de faibles variations de températures (moyenne de 25°), une saison de pluies de mai à octobre et une saison sèche de novembre à avril. Le mois le plus chaud est le mois d’avril (32°). Et pas besoin de regarder sa montre pour savoir à quelle heure le soleil se couche : c’est systématiquement vers 18h, proximité de l’Equateur oblige.

Monnaie locale : En 2001 les autorités ont abandonné le colón pour adopter le dollar américain.

TO qui programment le Salvador : Continents en fête, Continents Insolites (anciennement Terra Incognita), Empreinte, Explorator, Images du Monde, Intermèdes, Les Ateliers du Voyage, Nomade Aventure, Parfums du Monde et Vacances Transat.

Comment y aller ? Il n’y a aucun vol direct depuis la France pour aller au Salvador. Mais depuis 2010, Iberia, le leader sur le marché Europe-Amérique Latine facilite bien les choses puisque la compagnie espagnole, membre fondateur de oneworld a mis en place les seuls vols directs depuis l’Europe. En l’occurrence ici depuis Madrid donc.

Renseignements sur www.iberia.com

Crédits photo : Eva López Alvarez, Central America Tourism Agency, Ministère du Tourisme du Salvador et DR

lundi 15 octobre 2012, par laura
imprimer article  Autres articles de laura | Mots-clés |

Sur le thème : Parc National

Pyrénées Orientales : balade culture et nature sur la côte Vermeille le 17 mai 2018:
Hâte de sentir la chaleur du soleil tout en humant l’air iodé de la mer ? Rendez-vous dès les premiers jours du printemps le long des côtes françaises les plus méridionales, à la frontière avec (...)

Le Parc National du Grand Canyon en fête le 20 avril 2016:
Le Parc National du Grand Canyon, situé au nord de l’Arizona, dont les paysages attirent chaque année des millions de visiteurs, se mobilise à l’occasion des 100 ans des Parcs Nationaux Américains. (...)

Gran Canaria, l’île au printemps éternel le 8 décembre 2013:
Vous en connaissez beaucoup des destinations où il fait beau toute l’année, pas trop chaud l’été et pas froid l’hiver ? Et des destinations offrant en une même journée le condensé d’un continent en (...)

A la découverte du nord de l’Irlande (2e partie : les péninsules et Glenveagh) le 13 août 2013:
Côtes sauvages, fjords, landes désertiques, vertes prairies, lacs reflétant l’azur du ciel… Voici la suite de notre périple le long des côtes les plus septentrionales de l’île verte, de la péninsule (...)

2013, année Le Nôtre le 12 mai 2013:
On célèbre cette année le quatrième centenaire de la naissance d’André Le Nôtre. Né en 1613 à Paris dans une famille de jardiniers du roi, il a été jardinier du roi Louis XIV de 1645 à 1700 et a notamment (...)

0 | 5 | 10 | 15 | 20

Réactions
  • A la découverte du Salvador

    anonyme
    par claudia - 3 octobre 2013 15-02

    C’est un pays vraiment incroyable...sa musique, sa culture, son café dont l’arôme me chatouille déjà les narines...que dire de plus à part que les grands amoureux des voyages au bout du monde y trouveront certainement leur bonheur. Je connais très peu cette partie du monde et j’aimerais beaucoup y aller en famille. nous cherchons déjà un hotel de luxe sur ce site : http://fr.grandluxuryhotels.com/collection/qui pourrait accueillir notre famille et n’avons pas encore trouvé notre bonheur. quoi qu’il en soit notre destination de choix pour les vacances de Noel reste sans aucun doute la France. Nous avons hâte de séjourner dan sun de ces légendaires palaces parisiens et de découvrir la célèbre avenue Montaigne. C’est très loin de l’Equateur evidemment mais un Noel sans neige...les enfants n’en voudraient pas. Pas pour l’instant en tous cas !

    Réagir à cet article | Réagir à ce message

  • A la découverte du Salvador

    anonyme
    par claudia - 14 octobre 2013 13-48

    vous ne le savez peut-être pas mais le site oublie de mentionner que c’est le plus petit pays d4Amérique Centrale et que le dollar américain n’y est en circulation que depuis 2001...autre fait intéressant...le Salvador a mené une guerre de cent heures contre le Honduras à cause d’un match de foot.

    Réagir à cet article | Réagir à ce message

Réagir à cet article

forum

Pour commenter cet article, merci de vous enregistrer. Indiquez ci-dessous l'identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n'êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

[Connexion] [s'inscrire] [mot de passe oublié ?]

youvox
Add to Netvibes Subscribe in NewsGator Online
   

http://www.voyage.youvox.fr est motorisé par spip 3.2.1 [23954]. créations de sites internet Rizom