Samuel Fergusson. Personnage central de « 5 semaines en ballon ». Phileas Fogg. Personnage central du « Tour du Monde en 80 jours ». Le premier et le dixième héros des « Voyages Extraordinaires », l’interminable saga littéraire composée par Jules Verne.
Deux noms qui raniment le souvenir des premiers longs périples de l’esprit. Samuel balaiera l’Afrique de Zanzibar à Saint-Louis (Sénégal) en 5 semaines, à la recherche des sources du Nil et du Niger. Phileas reliera Londres, Suez, Bombay, Calcutta, Hong-Kong, Yokohama, San Francisco, New York, Liverpool et Londres en moins de 3 mois.

Des évasions en papier qui stimulent l’imaginaire du lecteur et façonnent l’esprit des petits voyageurs en herbe. Mon cerveau d’enfant avait du amalgamer ces lectures, créant un personnage hybride de Samuel et Phileas, qui parcourrait la terre entière à bord d’un ballon. Pour ainsi dire, un « Phileas Fergusson ». Et bien je n’étais pas seule à y croire. Voyez plutôt...
Le tour du monde en ballon : défi relevé !
Il y avait longtemps que les hommes caressaient le rêve de traverser en ballon tous les méridiens. Le défi était immense, jusque-là le record atteignait 6 jours de vol consécutifs. Complètement tributaire des conditions météorologiques, on imaginait mal comment un ballon pourrait faire le tour du monde sans escale !
Mais à l’impossible, l’homme ne se tient pas.
Pendant près de 20 ans, des équipes ont tenté de développer un ballon techniquement conçu pour capter tous les courants et garantir la sécurité (pour ne pas dire la survie !) de l’équipage. Il fallait voler plus haut, avec une enveloppe plus grande, pour utiliser les courants de façon optimale.
1er mars 1999 : le Breitling Orbiter 3 est prêt à partir. 55 mètres d’enveloppe, une cabine pressurisée et à bord, deux têtes brûlées, Bertrand Piccard et Brian Jones. Portés vers l’Est, ils ont mis 11 jours pour atteindre le Pacifique. Puis enduré 6 jours d’angoisse pour survoler l’océan et rejoindre le Nouveau Monde. Les vents n’étaient pas toujours cléments et la réserve de propane réduisait. Mais pourtant...le 20 mars suivant, en se posant sur le sol égyptien, le Breitling Orbiter 3 terminait le vol le plus long jamais réalisé en ballon (en durée comme en distance).

Le défi d’un tour du monde en ballon et sans escale était relevé : en 19 jours, 21 heures et 47 minutes, 26 pays avaient été traversés, plus de 45 000 kilomètres parcourus. Ca laisse songeur !
Bertrand Piccard est réellement un « Phileas Fergusson » des temps modernes. Aussi connu sous le petit nom de « Savanturier », il est en effet un savant (psychiatre et aéronaute) doublé d’un aventurier. C’était ce qu’il fallait pour penser l’engin, puis faire la route en pactisant avec les airs et in fine, accomplir l’impossible.
Après un livre devenu best-seller (Le Tour du Monde en 20 jours), il ne pouvait pas s’arrêter là ! Un nouveau projet est en préparation : Solar Impulse. Faire le tour de la planète à bord d’un avion sans carburant, alimenté uniquement à l’énergie solaire.
Il paraît qu’on reconnaît un bon maître au fait qu’il forme des élèves avides de le dépasser. Or justement, Bertrand Piccard fait des émules : un nouveau défi est lancé, le challenge Phileas Fogg... ???? Cette fois, il s’agit d’un tour du monde en Go Kart flottant, roulant et volant. A la tête du projet, le jeune cinéaste lyonnais Jérôme Dauffy. Il ambitionne de partir cette année, souhaitons-lui bonne chance !
Pour démarrer
Tout le monde n’étant pas complètement kamikaze, pourquoi ne pas goûter à la douceur des airs par des vols courts ?
Bien que les tarifs soient encore relativement exorbitants, le rêve est à portée de main. Un peu partout dans le monde, sont proposés des tours à la journée. En général, on vous offre même une petite coupette en fin de vol, pour vous remettre de vos émotions ;-)
Quelques exemples, rien que pour se faire saliver : survoler les Alpes enneigées et admirer les versants sur lesquels vous ne pourrez jamais skier (www.alpes-montgolfiere.fr), survoler la Cappadoce et passer juste au-dessus des pointes des cheminées de fées (http://www.kapadokyaballoons.com), voler à 1 mètre au-dessus des grands fauves africains, admirer la muraille de Chine sans même devoir marcher (soyons fous !) ou encore, messieurs, emmener votre dulcinée dans le ciel de Paris le temps d’une soirée (qui pourrait résister à ça ?!)...
Bon et si votre bourse ne permet pas ces folies, vous pouvez toujours vous replonger dans l’un des Voyages Extraordinaires de l’ami Jules. Il n’y a pas d’âge pour aimer ça !






