Un des plus chouettes moments de la vie de parent, c’est lorsque, sous prétexte de distraire les « petits », vous pouvez sans culpabilité laisser s’exprimer l’enfant qui dort en vous. Celui qui ne demande qu’à jouer à « faire comme si » et qui est prompt à enfourcher les ailes de l’imagination…
Si vous avez déjà fait le tour d’Euro Disney, du Parc Astérix et du Futuroscope, emmenez donc vos enfants dans le 4e parc à thème français en terme de fréquentation annuelle : le Puy du Fou, en Vendée. A partir de la « Cinescénie », représentation « sons et lumières » créée par Philippe de Villiers en 1977 et jouée par des bénévoles, le Puy du Fou a considérablement étoffé d’année en année ses productions. Ses autres spectacles empruntent eux aussi à l’histoire et aux légendes locales leurs trames narratives. Mais, interprétés par des professionnels – comédiens, acrobates, dresseurs… –, ils foisonnent de numéros de toutes sortes : combats à l’épée, numéros de voltige équestres, flamenco, dressage d’animaux (le parc abrite notamment la plus grande écurie de spectacles équestres d’Europe)…
Quand le mur d’enceinte du château disparaît dans le sol
Certes, les adultes que nous sommes sont prompts à renâcler devant les scénarios trop naïfs, l’abondance de fleurs de lys, de chevaliers, de princesses et de miracles… « Le secret de la lance », la dernière création du Puy-du-Fou, en 2010, met ainsi en scène une Jeanne d’Arc de gravure du XIXe siècle montant un cheval au caparaçon recouvert de fleurs de lys, face à une improbable bergère chargée de défendre avec une lance enchantée un château assiégé par les Anglais… Un scénario rédigé par Philippe de Villiers himself !
Mais quand le mur d’enceinte du château fort disparaît tout entier dans le sol (« Le secret de la lance »), que le saint se transforme en colombe à notre nez et notre barbe (« Les Vikings »), qu’un pianiste surgit des profondeurs du lac coiffé d’une immense perruque lumineuse (« Les orgues de feu »), que la scène se transforme en lac (« Les mousquetaires »), que le célèbre dresseur Thierry Leportier (« Gladiator », « Fort Boyard »…) dirige ses lions dans « Gladiateurs »… c’est de bon cœur que l’on applaudit les prouesses techniques.
Un domaine arboré de 50 hectares
C’est aussi un réel plaisir d’emprunter, pour se rendre d’un spectacle à l’autre, les petits sentiers paysagers, bordés de loin en loin d’enclos abritant des animaux de ferme, de ce très beau domaine arboré de 50 ha, entretenu par une armée de jardiniers, ou de se promener dans ses « villages d’époque » (Moyen Age, 1900, XVIIIe siècle).
Reconstitués avec un grand souci du détail, ceux-ci abondent en animations : automates, marionnettes géantes, mini comédies spéciales enfants, démonstrations de métiers anciens…
Autre aspect bien agréable : il est inutile de courir pour être le premier dans les files d’attente. Grâce à une organisation bien rôdée les queues sont inexistantes, et cela même, m’a-t-on assuré, en cas de grande affluence (20 000 visiteurs par jour en pleine saison). Un bon moyen de prendre encore plus votre temps pour explorer à fond les différentes propositions du Puy-du-Fou, c’est d’opter pour un séjour de deux jours. Sur place, l’offre hôtelière, à thème historique également, permet aux familles de prendre part à leur tour à la mise en scène en jouant au Romain, à la Villa Romaine, ou au Franc, aux Iles de Clovis, le troisième hôtel du parc, qui a ouvert cette année.
Les Iles de Clovis : pour dormir comme un Franc
Aux Iles de Clovis il vous est proposé de dormir dans une maisonnette en bois sur pilotis décorée de boucliers, fagots de bois, coussins en fourrure et autre lavabo en bloc de granit brut…
Celle-ci est équipée toutefois d’une télé à écran plasma et… d’une climatisation réversible. Le tout protégé par un véritable toit de chaume, car cet hôtel de 100 chambres de 4 personnes affiche la volonté de concilier détails d’inspiration historique et authentique démarche de développement durable. Ce qui l’a conduit à confier à un élevage de carpes la gestion des moustiques et à un troupeau de chèvres celle des espaces verts. Un mélange d’authenticité et de décor de théâtre kitch bien caractéristique du Puy du Fou.
Infos pratiques :
Période d’ouverture :
15 avril au 26 septembre. « Cinescénie » les vendredis et samedis du 5 juin au 11 septembre.
Pour s’y rendre :
En voiture : autoroute A 87, sortie 28
En train :
gare TGV d’Angers (1 h 30 environ depuis Paris) et navette sur réservation (AR : 18 €/personne ; gratuit pour les enfants de moins de 5 ans)
gare TGV de Nantes et gare TER de Cholet.
Tarifs :
Billet seul
Grand Parc 1 jour (10-19 h) : 19 € avec réservation ; 30 € sur place (17 € pour les enfants de 5 à 13 ans – gratuit pour les moins de 5 ans)
Grand Parc 1 jour et nocturne : 27 € avec réservation ou 30 € sur place
Séjour aux Iles de Clovis 2 jours 1 nuit avec petit déjeuner (Grand Parc 2 jours) : de 70 € à 115 € (avec nocturne) par personne selon la période (base 4 personnes par chambre), sur réservation.
Restauration Le Banquet de Mérovée (restaurant des Iles de Clovis) : 24 € (adulte) ; 11,50 € (enfant) Plusieurs autres propositions dans le parc, en traditionnel et rapide (l’ensemble de la restauration est géré par Sodexo, partenaire commercial du Puy du Fou), ainsi que des aires de pique-nique.
A emporter :
– Prévoir casquettes, lunettes de soleil et crème solaire car les spectacles sont en plein air.
Crédit photos : Puy du Fou et Catherine Lengellé






