Pendant mes études, j’ai suivi plusieurs lycéens en soutien à domicile. Jena Thomas fut l’un de ceux que j’ai aidé pendant plusieurs années. A 18 ans il se lance un défi : partir à la conquête du Mont Blanc. Fier de son expérience, il me relate ici son aventure.
"Les préparatifs ont commencé un mois avant cette semaine inoubliable : racheter les chaussures, les bâtons, des vêtements... Puis la montée à Chamonix, point de départ de notre petite excursion autour du toit de l’Europe.
Le 8 juillet 2007, nous partions pour sept jours de marche, 120 km et 5 830 mètres de dénivelé positif.
Nous avons passé plusieurs cols : col de Balme (frontière entre la Suisse et la France), col de la Forclaz (pour cause de mauvais temps sinon c’était la fenêtre d’Arpette), grand col Ferret, (frontière Suisse Italie), col de la Seigne (frontière Franco-italienne), col du Fours, col de la Croix, col du Bonhomme ainsi que le col du Tricot au pied du glacier de Bionnassay dernier col avant de redescendre sur la vallée de Chamonix, et plusieurs alpages tout au long de notre extraordinaire semaine. Le tour de la chaîne du Mont Blanc nous a fait traverser la Suisse, l’Italie et la France."
J’ai demandé à Jean Thomas de me présenter en quelques mots non seulement les points forts de cette expérience, mais également sa motivation.
Les plus grandes ascensions ? "Le val Ferret Suisse : Le quatrième jour, nous sommes partis de la Fouly à 1 600 mètres d’altitude pour monter au grand col Ferret à 2 574 mètres et ainsi passer en Italie. Le sixième jour, nous sommes montés au col du Fours à 2 900 mètres d’altitude. Ces ascensions sont très éprouvantes physiquement. Les paliers sont à respecter et le mal des montagnes est un risque à prendre."
Pourquoi cette expérience ? "Cette expérience m’ a permis de me rendre compte de ce que je pouvais faire et m’a permis de repartir en randonnée un peu plus intensive en rentrant au club Alpin Français où je peux faire de l’escalade, de la cascade de glace, du ski, du ski de randonnée, de la randonnée raquette et, grâce au CAF, j’ai pu rencontrer des gens qui aiment la montagne et qui font des courses voire même des randonnées comme celle-ci au Népal.
Je suis parti faire ce tour du Mont-Blanc pour m’évader et me prouver à moi même qu’après ces dernière années difficiles, j’étais encore capable de faire de la montagne.
J’ai commencé à faire de la randonnée à l’âge de huit ans au club de la commune tous les dimanches. Puis peu à peu j’ai ralenti et je n’en faisais que pour les rares occasions. La condition physique n’était peut être plus présente alors, en mars 2007, je me suis lancé ce défi, j’ai repris l’entraînement et cela a payé."
Sa journée ? " le 11 juillet, journée extraordinaire avec des paysages magnifiques. Neige fraîche sur les sommets au départ de la Fouly, en Suisse (1 600m) à 8h, montée au grand Col Ferret (2 540m), 10h alpages de la Peule (2 100m), frontière entre la Suisse et l’Italie au col. Vues insolites : Mt Dolent, Aiguille du triolet, Grandes Jorasses, et le Mt Blanc. Déjeuner à 12h45 à (2 300m) au soleil dans le Val Ferret italien ! Traversée de Courmayer, pour atteindre Le Refugio de Monte Bianco (1 700m) en Italie ! 940m de positif et de 900m de négatif !"
Ce qu’il n’oubliera jamais ? "La vue que l’on a à quelques centaines de mètres de la frontière à 2 540m d’altitude. "
Sa fierté ? "13 juillet, 5°C à 6h ! Avant dernier jour, montée au Col du Fours (2714m) à 10h45, 2 400m d’altitude en continu dans la neige, arrivée au col à 11h30 ! Passage dans la vallée des Contamines ! 2h30 pour faire 900m de positif."
Et depuis son retour ? "Cette expérience a changé ma vie. Mon quotidien. J’ai retrouvé une discipline, je me suis inscris dans un club et fais de la randonnée très régulièrement. Avoir réussi ce défi m’a permis de reprendre confiance en moi et d’envisager mon quotidien différemment. J’ai repris l’école motivé, ne suis plus en échec et j’ai retrouvé un pêche d’enfer et un mental à toute épreuve. Merci le Mont Blanc".
Et vous, avez-vous une expérience inédite qui a bouleversé votre quotidien ? Venez nous la raconter...






