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Randonnée en moto de trail Deauville Saint-Tropez par les chemins et les routes de campagne

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vendredi 18 février 2011, par Christian Jegourel
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Habituellement les balades en motos sont réservées aux routières qui avalent les kilomètres confortablement. Les motos d’enduros sont réservées aux spécialistes du off road et les gros trails sont plutôt utilisés en France sur les routes et les conducteurs ne mettent pas souvent leurs roues hors bitume. Pourtant la plupart des trails peuvent, avec les bons pneumatiques, aller taquiner les chemins roulants et les passages escarpés.

Adepte des randonnées à cheval, je cherchais depuis plusieurs mois l’équivalent en moto afin de profiter de mon KTM 690 Enduro, trail sportif capable de faire de la route et sortir facilement du bitume. N’étant pas un enduriste, je pratique les chemins de traverse mais sans vraiment dominer mon engin lorsque le terrain devient gras ou se complique avec des obstacles.

Il me fallait donc un programme plutôt simple pas trop technique qui laisse la place à la promenade plutôt qu’au franchissement. C’est pourquoi, à force de recherches sur internet j’ai été séduit par l’offre de la diagonale Deauville à St Tropez par les petites routes et les chemins.

Que les enduristes purs jus oublient tout de suite cette proposition qui laisse la place à la promenade, intensive quand même, il ne s’agit pas de parcours techniques mais de chemins roulants. Quelques difficultés mais tous les gros trails pourront passer. Et si votre niveau ne permet pas de franchir la dizaine de passages un peu complexes, l’accompagnateur se fait un plaisir de passer votre moto pour vous. Ce fut le cas notamment dans un guet un peu technique, non prévu, rendu nécessaire par l’effondrement du pont suite aux inondations dans le sud en 2010.

Chaque participant se voit remettre un GPS avec la trace complète de la randonnée. Le concept offre la possibilité de voyager seul, dans ce cas l’accompagnateur ferme la route, ou de suivre le guide en groupe. Cela permet à ceux qui savent naviguer au GPS de partir devant et de rouler à leurs rythmes et à ceux qui préfèrent se laisser guider de fermer le chemin avec l’accompagnateur.

Voici un résumé de cette balade dans la nature française sur 7 jours. Le parcours


- Étape 1 : Deauville – Bellême - 244 km,
- Étape 2 : Bellême – Argenton-sur-Creuse - 376 km
- Étape 3 : Argenton-sur-Creuse – Giat - 237 km
- Étape 4 : Giat – Saint-Poncy - 251 km
- Étape 5 : Saint-Poncy – Saint-Pons - 310 km
- Étape 6 : Saint-Pons – Gréoux-les-Bains - 259 km
- Étape 7 : Gréoux-les-Bains – Saint-Tropez - 153 km

Il ne faut pas se laisser piéger par le faible kilométrage journalier qui peut sembler dérisoire aux habitués du bitume mais, excepté pour les fondus des pneus à tétines, la moyenne dans les chemins peut tomber à 30 km/h et certaines étapes ont d’ailleurs dues être abrégées sous peine d’arriver trop tard pour le dîner à l’hôtel.

Le départ se fait le matin vers 9h à Deauville et il est préférable d’arriver la veille pour éviter une fatigue supplémentaire même si la première journée est relativement calme car en majorité sur les petites routes normandes.

C’est une bonne mise en jambe tranquille pour se chauffer et permettre à ceux qui découvrent leur moto d’appréhender un engin équipé de pneus à crampons.

Un premier passage à guet nous rappelle que nous sommes venus pour faire du hors bitume et que nous ne sommes pas sur des routières.

Le midi un arrêt chez la mère poularde permet de se restaurer plus qu’honorablement et d’échanger avec les participants. C’est une randonnée, on prend son temps mais il faut néanmoins essayer de respecter les horaires car il y a de la route pour arriver à l’hôtel du golf de Bellême.

L’après midi est l’occasion de continuer hors bitume et les chemins de Normandie sont réputés pour leur humidité. Prudence de rigueur, surtout si vous avez des pneus mixtes. J’avais laissé mes Sahara 3 Metzeler, et j’ai un peu peiné dans les ornières boueuses. Depuis je suis passé aux TKC 80 de Continental.

Une bonne journée dans l’arrière pays normand et l’arrivée à l’hôtel du golf de Bellême pour un dîner et un repos bien mérité. Petit apéro pour ce remettre de la journée et repas agréable dans un lieu choisi.

Si le premier jour ne laisse pas trop de fatigue, je recommande de ne pas veiller tard car il sera difficile de récupérer par la suite.

Réveil matinal pour un départ entre 8h30 et 9h et nous voilà repartis pour la seconde journée direction Argenton-sur-Creuse.

Un peu de chemins roulant permettent de se réveiller sans trop de risque suivi d’un joli parcours forestier. Petite pause et on repart jusqu’à un arrêt en milieu de matinée pour prendre un café dans une petite ville. Pas le temps de faire ses courses sur le marché de la place. En selle.

Pas de temps à perdre il faut se rapprocher de la Loire pour le déjeuner. Un autre guet à bien négocier sur l’extérieur sinon risque de verser la moto dans l’eau et ce serait le début des ennuis.

Nouvelle pause devant l’architecture médiévale et nous sommes de nouveau en selle car la faim se fait sentir.

Enfin nous voici en vue de la Loire et du restaurant du midi. Bonne adresse ma foi mais il a été dur de repartir l’estomac plein.

Nous repartons sur les départementales et les routes communales au milieu des vignes mais il ne faut pas se déconcentrer car le deux roues cela ne pardonne pas les fautes d’inattention. Un des participants a chuté assez méchamment sur le bitume pour avoir peut être un peu rêvassé dans ce paysage propice à la rêverie.

Nous finirons l’après midi sur les petites routes jusqu’à l’arrivée du soir dans le magnifique château hôtel de Bouesse qui va nous faire retrouver notre sérénité.

Un bon apéritif et un dîner gastronomique suivi d’une bonne nuit nous remettent en forme pour affronter la 3ème journée.

Mardi matin, départ avec la rosée. J’ai eu encore du mal avec mes pneus peu conçus pour le terrain glissant. Mais quel plaisir de se promener tranquillement mais surement sur ces chemins de campagne.

Pas de pause café aujourd’hui, le petit bistro près du pont de pierre est fermé. Le passage sur ce pont sera l’occasion de faire une longue pause photos. Il faut dire que le coin paisible et ce passage sont propices à un arrêt prolongé.

Nous voilà de nouveau en selle sur des chemins roulants tranquilles, un joli passage sur une voie ferrée désaffectée et une descente bien raide pour rejoindre la route. Un peu de technique pour éviter de partir avec la moto entraînée par son poids dans la pente.

Un participant sur une Yamaha 250 de location souffre un peu du confort de la selle et c’est vrai que ce n’est pas le point fort des motos de trail ou d’enduro et des KTM en particulier. Heureusement j’avais fait réaliser une selle sur mesure (adresse en fin d’article).

Arrêt au restaurant et cuisse de grenouille plus joues de porc confites. Que du léger pour repartir l’après midi. Ouf on est un peu lourd sur nos deux roues...

La balade continue sur des chemins tranquilles, des passages en sous bois, un étang superbe et des rencontres avec les bovins locaux. Que du bonheur.

Le passage sur un petit pont sera l’occasion d’une pause photo pour tout le monde mais il faut vite repartir car le trajet est encore long et beaucoup de hors bitume aujourd’hui. La moyenne est faible.

Arrivée à un petit hôtel sur la place du village de Giat, un repas simple, on ne s’attarde pas mais la fatigue a raison de nous rapidement car le chemin est encore long jusqu’à Saint-Tropez.

Matin du mercredi direction Saint Poncy sous Clermont Ferrand, entre Massiac et Saint Flour. Un peu de fraîcheur matinale. Penser à prendre l’équipement de pluie ne serait-ce que pour la rosée du matin.

Quelques chemins faciles et un lac qui laissera quelques photos superbes. On en redemande.

Un passage de nouveau dans le lit d’une ancienne voie ferrée enchâssée dans la montagne, souvenir inoubliable garanti.

Je vous laisse découvrir les photos cela parle. Un petit passage dans l’eau ça nettoie les roues…

C’est probablement la journée la plus belle au regard des paysages traversés. Un vrai régal : des chemins, des étangs, des passages forestiers.

On est en Auvergne, paysage des volcans. Les chemins changent et les ornières incitent à la prudence, la moyenne tombe un peu mais la concentration augmente la fatigue. Mais quel trip ce paysage grandiose. Ah les Salers… et les toits en loses.

Il y a quand même quelques chemins un peu complexes, attention aux pierres roulantes.

Le plateau des milles vaches, des chemins vallonnés et des guets. Le pied.

Arrivé à Saint Poncy dans un petit hôtel simple avec une cuisine locale bienvenue et un accueil chaleureux du patron qui a déjà vu passer plusieurs diagonales.

Le démarrage de la journée de jeudi est sévère avec quelques passages techniques dans des chemins ravinés en diagonale et des pentes sérieuses. Mais quels paysages !

Une journée ensoleillée et la température qui monte, on sent que l’on arrive dans le sud. Nous passons au près du parc national des Cévennes et visitons une partie de l’Ardèche par les chemins caillouteux. Attention la pierre devient coupante et cela demande une attention de tous les instants.

Arrivée le soir à Saint-Pons au nord d’Avignon dans une auberge perdue dans la montagne chez la Mère Biquette. Cela vaut le détour et l’adresse semble connue car il y a un rassemblement de Morgan organisé par un club allemand.

Quelle vue depuis nos chambres !

Après un copieux petit-déjeuner, nous voici repartis vers la journée de vendredi qui doit nous mener à Gréoux-les-Bains. La fatigue commence à peser et soutenir le rythme devient difficile, d’autant que les pierres roulantes incitent à la prudence. C’est néanmoins un régal car les paysages sont somptueux.

On arrive en PACA, les maisons provençales se découvrent avec les vignes. Un arrêt pour le déjeuner dans un restaurant au bord de la route ou le patron nous réserve un accueil vraiment chaleureux.

La chaleur et le verre de rosé compliquent un peu la volonté de repartir l’après midi mais il y a du chemin, au sens propre, pour rallier le dernier hôtel de notre périple à Gréoux-les-Bains.

Je découvre cette ville thermale très touristique et apprécie la piscine chauffée de l’hôtel pour me relaxer un peu après une longue journée passée debout sur la moto.

La dernière journée nous donne l’occasion de parcourir des chemins roulants en sous-bois puis de longer le Lac de sainte Croix et cela vaut vraiment le détour de le découvrir de cette façon.

Les paysages sont stupéfiants.

Après un passage un peu délicat du fait de l’effondrement du pont après les intempéries de 2010, il faut passer à guet dans un cours d’eau rempli d’herbes glissantes, paroi pierreuse et coupante. Bref tout le monde confie sa monture à notre guide qui passe les motos tranquillement.

Arrivée à La Garde-Freinet pour le déjeuner à La Petite Fontaine, restaurant d’un enduriste passionné qui nous reçoit évidemment avec grand plaisir.

L’après midi sera plus calme, fini le hors bitume, ce sera promenade tranquille par Grimaud, Gassin puis Saint-Tropez pour un dernier café ensemble. Tout le monde se sépare et nous garderons tous un souvenir de ce périple qui demanderait à être dupliqué dans d’autres régions de France.

C’est vraiment une randonnée qui laisse de très bons souvenirs à la portée de tous avec un peu d’endurance car il faut compter quand même 7 à 8 h de moto par jour. Il ne faut pas non plus oublier la prudence et l’attention. On est sur un deux roues, pas dans une voiture et les fautes d’inattention ne pardonnent pas. L’un des participants a payé un peu cher une chute sur bitume, le fait de contempler un peu trop le paysage et pas assez la route. Un bon équipement est conseillé, notamment des bottes de motos renforcées aux chevilles et si les bottes d’enduros ne sont pas indispensables, elles sont conseillées. Un blouson de moto renforcé et des genouillères sont un must même si je n’en avais pas. Si j’avais à le refaire je m’équiperais mieux car une chute dans les cailloux peut faire très mal.

Penser à l’appareil photo et/ou une caméra car les paysages sont magnifiques et on se demande pourquoi partir à l’étranger lorsque l’on voit la beauté de la France.

C’est l’occasion de sortir des sentiers battus et découvrir des endroits où l’on ne serait jamais passé autrement. Cette randonnée nous entraîne sur des chemins roulants empruntés seulement par les locaux qui débouchent sur des endroits magnifiques à l’écart des sentiers battus. Bien entendu toute la randonnée se fait sur des chemins ouverts à la circulation et respectueux de la nature et de la législation.

Si vous n’avez pas de motos conçues pour sortir du bitume, l’organisateur propose des Yamaha 250 WR à la location largement suffisantes et légères pour ce type de randonnées. Initialement réservée aux possesseurs de Yamaha, La Diagonale s’est ouvert aux autres marques et j’ai souvent roulé avec un enduriste équipé d’une BMW 650 GX. Je me suis régalé avec mon KTM 690 enduro, peut-être un petit peu trop puissant et coupleux pour ce type d’exercice. Comme me le disait un participant qui faisait la balade avec nous, un 450 Kawasaki devrait être parfait.

J’en garde vraiment un souvenir unique à partager avec d’autres passionnés du deux roues, un véritable moment de plaisir et je trouve dommage qu’il n’y ait pas d’autres propositions de ce type en France. Il en existe quelques unes à l‘étranger mais cela nécessite souvent un niveau d’enduriste même débutant qui refroidit les ardeurs de promeneurs à la recherche de nature.

Je recommande donc vivement ce parcours pour ceux qui aiment la moto, la nature et la randonnée.

Cette randonnée est organisée par Trail Rando ici le lien pour le programme

Un remerciement particulier à Stephan, notre accompagnateur qui a su faire face aux imprévus.

Des remerciements également à Moto & Co Compiègne qui entretient ma KTM avec professionnalisme et courtoisie, à Challenge 75 à Paris, spécialiste des rallyes raids qui a vérifié ma moto avant le départ et au Vieux Sellier Paris 20ème qui m’a réalisé une selle sur mesure et confortable permettant de faire 2000 km sur une KTM Enduro sans avoir mal aux fesses ni au dos.

vendredi 18 février 2011, par Christian Jegourel
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