La première fois que j’ai mis les pieds en Afrique, en Côte d’Ivoire, pour être précis, c’était un mois de décembre. Il faisait froid à Paris. Après une nuit passée dans l’avion d’UTA (histoire de dater ce voyage... cette compagnie ayant disparu du paysage depuis des lustres), la porte s’ouvre, et me voici à la porte de l’avion, prêt à descendre sur le tarmac. Je me souviens de cette bouffée de chaleur, étouffante. De cette impression fugace qu’on ne s’y adaptera pas, que cet air chaud qui envahit vos poumons est insupportable... Quelques cocktails au bord de la piscine plus tard, force est de constater que le corps humain s’adapte à tout...

New York. J’y vais au moins une fois par an. Mais aujourd’hui, New York a livré nombre de ses mystères. La toute première fois, en 1990, ce fut une expérience quasi-mystique. Partir aux Etats-Unis, un billet "open" dans la poche. En faire le tour en un mois, à la découverte des lieux mythiques que je ne connaissais que par le cinéma, la télévision, la musique ou la littérature. New York. Première ballade dans les rues, en remontant la 23ème rue le long du Chelsea Hotel (où Sid Vicious poignarda Nancy Spungen avant son OD fatale), puis 5ème avenue en direction de l’Empire State Building...

Je me souviens des sons, de ces sirènes de police que je n’avais entendues que dans les films. Je me rappelle avoir été frappé par la dimension verticale de New York. Très forte dans le quartier financier autour de Wall Street où les rues sont plus étroites. Je me souviens de cette première nuit quasiment sans sommeil, du fait de l’excitation d’être enfin aux Etats-Unis et du décalage horaire, d’avoir zappé d’une chaîne de télévision à l’autre pour m’imprégner rapidement de l’atmosphère locale. Aujourd’hui, quand j’arrive à New York, je prends mécaniquement mon taxi. Et me retrouve au coeur de Manhattan sans sensation particulière. Les lieux sont familiers. Une exception, toutefois, la découverte du Manhattan skyline en novembre 2001. Et l’émotion de découvrir un paysage sans la silhouette des tours du World Trade Center.

- Manhattan skyline
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Autre impression marquante, la première nuit à San Francisco, lors de ce même voyage de 1990 : être réveillé par d’étranges vibrations, trois petites secousses sismiques surprenantes.
En 1995, premier voyage en Asie. Un déplacement purement professionnel. Trois semaines, cinq destinations. Tokyo, Taipei, Seoul, Hong Kong, et Singapour. Premiers contacts avec les lieux, les gens, la gastronomie, la culture, les religions... Discusions, échanges. On a beau s’être documenté avant de partir sur les habitudes locales, le choc est toujours fort. La première impression, très forte au Japon, plus brutale en Corée, c’est cette sensation soudaine de perdre une grande partie de ses repères. Le fait de ne pas pouvoir déchiffrer les signes qui vous entourent, affiches, panneaux de signalisation... Le fait devoir vous reposer intégralement sur vos interlocuteurs locaux pour vous diriger dans la ville. Un an plus tard, j’ai tenté l’expérience de me diriger seul dans Tokyo.

- Tokyo
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Trouver une adresse, seul, en ne parlant pas japonais. Un beau challenge qui m’a alors permis d’apprécier la réelle compassion des japonais pour le touriste, le visiteur égaré. Faites l’expérience. Tenez vous à un carrefour, un plan de ville grand ouvert à la main. Quelqu’un viendra vous aider, vous guidera même jusqu’à votre destination. Quelqu’un qui ne parlera même pas anglais, et que vous remercierez chaleureusement en baragouinant vos trois mots de japonais... Domo arigato. Arigato gozaïmashita.
Seoul. La première fois. Un embouteillage géant. Une ville monstrueuse et un hôtel (Le Sheraton Walker Hill) qui s’avère être éloigné de tout (en particulier des transports en commun). La première bouchée de kimshi, le plat national coréen, mixture à base de chou mariné et piments, ou de poulet au ginseng insipide...
Hong Kong... comment oublier cette première montée en haut du Victoria Peek, ce point de vue sur une ville d’une densité tellement forte qu’elle efface tous vos souvenirs nocturnes des tours de Manhattan ?

- Hong Kong by night
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Et ces ballades dans Kowloon au travers un dédale de ruelles nauséabondes qui parfois bordent les buildings les plus modernes.
Ces premières fois, on ne les revit jamais. Elles vous hantent en permanence, mais la sensation n’est jamais plus la même. Et c’est ça l’essence du voyage. D’autant plus intense que le voyage est court.






