C’est donc au cours d’un parcours bien fléché que nous déambulons dans cet univers artistique de façon chronologique et logique, peut être trop ! Les grands innovateurs sont là, l’école de New York, l’Expressionnisme Abstrait, le Néo Dada et le Pop Art, le Minimalisme, l’Art Conceptuel, l’Art Vidéo, le Body Art, l’individualisme et l’engagement de ces dernières décennies... L’expo a cette prétention de tout montrer ! Beaucoup de toiles gigantesques, énormément de photos d’un réalisme prenant et plus réussies les unes que les autres, retraçent la vie d’une si grande ville, des sculptures insolites comme "le cerveau" de Claes Oldenburg, ou "McDonalds" de Tom Sachs, pour témoigner du consumérisme américain . Quelques vidéos, 2 pièces cinéma, mais cet aspect là est moins bien fourni. Quant à l’architecture, on la retrouve en photo, mais pas de maquettes, pas de reproduction. Dommage !


Au final ? Un exposition intéressante mais à laquelle il manque la saveur new yorkaise. On ne retrouve pas l’ambiance de cette ville, ni dans la disposition (supposée reprendre le schéma du Flatiron et des 2 avenues de chaque côté), ni dans l’atmosphère, trop sage, trop ordonnée, trop propre. Le prospectus annonce : " ils ont imaginé l’espace sur le modèle du plan quadrilatère de Manhattan [..] avec des rues et des pâtés d’immeubles[...] ". Les créateurs ont cherché à nous faire déambuler dans les quartiers les plus connus : Greenwich, Soho et l’East Village, mais les salles s’enchaînent sans même évoquer ces quartiers. Quelques pièces maîtresses certes font exception, je pense aux salles de néons, aux œuvres d’Andy Warhol, ou à l’araignée géante. 50 ans c’est long, le projet est ambitieux, Ils ont réussi un beau musée, the Modern Art Museum of New York déplacé sur un rocher européen, mais où est donc le piment de cette ville qui fait rêver quasiment tout les Européens ?


De plus, je tiens à souligner le manque total de pédagogie et de mise au niveau d’un public pas toujours averti en arts mais juste curieux. Aucune vidéo explicative, aucun commentaire sous le titre des œuvres, juste quelques lignes sur le dépliant distribué à l’entrée avec essentiellement le catalogue des noms des artistes et les grandes, mais très grandes, lignes de chaque courant ! Pas de vulgarisation du savoir (à moins d’acheter le catalogue de l’expo à 60 euros...). Une belle expo, avec des oeuvres uniques, il lui manquait juste un peu de vie.






Séduite et attirée par les grandes villes américaines (qui ne l’est pas ?), je suis allée à la nocturne de l’exposition 