YVVoyage : Comment êtes-vous arrivé à la photographie ?
Stéphane Maillard : Ce sont des amis qui m’ont initié. Les mêmes idées, la même vision du monde, parfois utopique. Mais c’est lors d’un périple dans le désert sud Marocain qu’elle m’a conquit ! Je cadrais l’ancre d’une épave échouée lorsqu’inopinément deux enfants qui courraient sont rentrés dans le cadre. J’ai déclenché, c’était magique.
Je continuais mon travail dans le domaine de l’image et j’ai alors décidé de suivre un enseignement à Toulouse. Une base intéressante aux vues de la culture photographique qu’elle m’a apportée en un an. Ces notions acquises j’ai continué à me former en choisissant la voie de l’indépendance.
Mon métier, me permet désormais de vivre mais aussi de multiplier l’opportunité de faire de belles images.
YVV : En quoi cette activité modifie-t-elle votre regard sur le monde ?
SM : Elle doit certainement l’influencer. Mais, avec ou sans appareil, on a forcément un regard sur le monde.
Un regard muni d’un appareil va alors créer une expression. Cette expression va pouvoir être utilisée pour transmettre ce regard.
Eugène Smith, Anita Conti ou actuellement Yann Arthus Bertrand l’ont totalement exploitée, ils ont eu cette capacité à faire évoluer les regards munis de leur expression. Du fait de ma proximité avec l’océan je suis sensibilisé à ce qui le touche.
YVV : Dans le voyage, capter une atmosphère c’est une chose. Mais capter une culture et une personne, comme lors de votre voyage en Afrique du Sud, en est une autre. Comment parvenez vous à vous adapter à chaque atmosphère ? Notamment au portrait ?
SM : Le voyage, ici ou là, nous permet de nous mettre face à une multitude de situations.
Lorsque l’on erre sur des terres inconnues, le seul repère c’est soi-même. Nous sommes alors complètement immergés, les choses deviennent évidentes et les sujets se détachent d’eux-mêmes, car nous les vivons.
Réaliser des portraits n’est pas évident et cette approche des gens au début n’est pas un exercice facile. Et bien, il faut oublier son appareil. Ce qui est important c’est le témoignage.
YVV : Quel moment dans le processus de photographie préférez-vous ? La quête du sujet ? La prise ? Le développement ? Le résultat ? Pourquo i ?
SM : Je crois là encore que c’est un tout...
C’est une suite logique où ce n’est pas forcément la prise de vue et le sujet qui vont être les plus importants. Ce qui est le plus essentiel c’est la façon d’associer le tout pour que cela raconte une histoire.
J’aime beaucoup la prise de vue. C’est un moment assez sympathique mais c’est aussi le moment délicat et une étape importante à passer. C’est pourquoi il est important d’utiliser du matériel adapté car, pour toutes situations, un travail professionnel doit aboutir à un résultat.
YVV : Vous êtes originaire de Saint-Malo, et la Bretagne et la mer semble jouer un grand rôle dans votre travail. Vous évoquez sur votre site Internet votre âme d’enfant qui prend le dessus face aux vagues déferlantes. Comment définir cette relation entre le photographe, l’objectif, et la mer ?
SM : Je vis sur cette côte et je ne peux pas être insensible à ce qui m‘entoure et à l’environnement dans lequel j’évolue. C’est un endroit majestueux comme il y en a beaucoup d’autres dans le monde et j’ai la chance d’en être originaire.
J’ai beaucoup pris la mer en photo avec beaucoup de poésie.
Je veux pouvoir communiquer une façon de vivre en respect avec soi-même. Il faut montrer en quoi la mer est importante pour l’avenir de la terre.
YVV : Du paysage au portrait vos travaux sont variés. Vous font-ils voyager différemment ?
SM : Oui beaucoup. Je me suis aventuré dans des lieux qui ne m’étaient pas forcément familiers et eux même tous différents.
J’ai pu participer à des expéditions où là on oublie parfois que l’on est photographe. La situation vécue en mer dans de grosses tempêtes ou au milieu d’un parc, près d’animaux sauvages, n’est pas la même, mais dans les deux cas c’est exaltant !
Même si la mer a une grande importance dans mon travail j’explore d’autres univers. C’est une façon de s’exercer à différents styles.
Tous ces sujets près ou proche de la mer ont tous cette même voix : parce qu’ils existent et qu’ils ne demandent pas mieux que de se faire écouter.
YVV : Mais pour vous le voyage c’est quoi d’ailleurs ?
SM : D’ailleurs, Rires. Le voyage cela peut être beaucoup de choses : un film, des rencontres, un bouquin, une histoire, une errance ici ou là bas. La vie est un grand livre ouvert, le voyage est un état d’esprit et en plus il propre à chacun.
Je remercie Stéphane Maillard de nous avoir ouvert son univers le temps de ces questions. Pour plus d’évasion vous êtes les bienvenus sur son site. Mais surtout n’hésitez pas et partagez avec nous votre expérience de voyageur-photographe !









