Selon des statistiques de l’Organisation Mondiale du Tourisme, l’Afrique a été à contre-courant de la tendance générale en 2009, avec une progression de 5,1% du nombre de touristes étrangers par rapport à 2008, alors qu’au niveau mondial les voyages ont reculé de 4%, à cause de la crise économique et des craintes liées à l’épidémie de grippe H1N1.
Pour Taleb Rifai, le secrétaire général de l’OMT « il y a eu un changement dans le regard que portent les gens sur l’Afrique. Ce continent a fait du chemin depuis dix ans. L’Afrique est désormais considérée comme une destination très sérieuse par les voyageurs des principaux pays émetteurs. » Selon Nigel Vere Nicoll, responsable de l’Association africaine pour les voyages et le tourisme (ATTA), le Mondial devrait avoir un impact énorme sur le continent parce que « la Coupe du monde est certainement la chose la plus excitante qui puisse arriver à l’Afrique et pas seulement à l’Afrique du Sud ». L’ATTA souhaite que les touristes soient encouragés à étendre leur voyage aux pays voisins de l’Afrique du Sud.
Le président du comité d’organisation du mondial de football, Danny Jordaan, espère quant à lui que la compétition permettra d’attirer des touristes en provenance de nouveaux marchés, comme le continent américain.
Cap sur Le Cap
Principale destination touristique du pays, la ville du Cap accueille moins de visiteurs en cet été austral post-crise, et compte bien rebondir dans quelques mois avec la Coupe du monde de football.
La crise économique mondiale a plongé le pays dans sa première récession depuis la fin de l’apartheid, et le Cap n’a pas été épargné : le nombre de visiteurs étrangers a chuté de 12% et celui des touristes locaux de 8% en 2009. Mais des experts assurent que la ville s’en est mieux sortie que beaucoup d’autres destinations, notamment parce que les touristes ont continué à dépenser sans compter.
Pour la première fois, les dépenses étrangères directes dans la région du Cap Occidental ont même dépassé la barre des 20 milliards de rands (2,7 milliards de dollars, 1,9 milliard d’euros). Les touristes sud-africains ont eux-mêmes dépensé 4,5 milliards de rands (588 M USD, 416 M EUR).
Le tourisme fait partie des principaux secteurs d’activité de la région qui abrite plusieurs sites de renom : la ville du Cap et son front de mer, la péninsule du Cap de Bonne espérance, les vignobles et la route des Jardins.
Cet été austral a de quoi leur faire froncer les sourcils. Malgré le temps superbe, le nombre des visiteurs étrangers a baissé de 6% et celui des locaux de 3% pendant la haute saison, du 12 décembre au 13 janvier.
Visite décalée
« Il semble que certains touristes ont décalé leurs vacances pour nous rendre visite en juin ou juillet », pendant la Coupe du monde, relativise toutefois Kamilla Swart, du Centre pour la recherche sur le tourisme. « Nous aurons une seconde haute saison, alors que ces mois sont généralement très calmes au Cap, car la ville possède l’un des dix stades qui accueillera la compétition », dit-elle.
Les prévisions d’ailleurs sont excellentes pour la période du Mondial (11 juin-11 juillet), renchérit Nick Seewer, propriétaire du luxueux hôtel Mount Nelson. « Une belle Coupe du Monde et une reprise de l’économie mondiale devraient permettre une amélioration des voyages de tourisme et d’affaires en Afrique du Sud », espère-t-il.
La ville a construit pour l’événement un stade de 68 000 places, situé entre la Montagne de la Table et l’île-prison de Robben Island où Nelson Mandela a été détenu pendant 18 ans. Le stade Green Point a été inauguré en début d’année par un match entre deux équipes locales. La France y jouera contre l’Uruguay le 11 juin et une des demi-finales y sera disputée.
Même si les prévisions des autorités - qui espèrent accueillir plus de 450 000 fans étrangers pendant la compétition - lui semblent un peu irréalistes, l’analyste Wolfgang Thomas estime aussi que la ville du Cap devrait tirer son épingle du jeu :« le Cap est la première destination touristique en Afrique du Sud », dit-il. « Beaucoup de gens attendent 2010. Ils veulent pouvoir dire : « j’étais en Afrique du Sud lors de ce moment historique, pour la première Coupe du monde africaine ». »






