New York. 3 heures du matin. Réveil naturel. Impossible de retrouver le sommeil. Dehors, il fait nuit. A l’hôtel, le room service ne sera opérationnel que dans 3 ou 4 heures. Vous avez faim. Votre organisme est encore calé sur l’heure de Paris. Pour lui, il est 9 heures. L’heure du premier café, des premiers coups de fil. Vous mettez en route votre ordinateur. Et jetez un coup d’oeil à vos messages. Voire vous lancez MSN Messenger et commencez à chatter avec vos proches ou vos collègues ébahis par votre ardeur à la tâche...

Tokyo. 22h00, heure locale, soit 15h00 à Paris. Vous avez fini de dîner. Bière et saké se mélangent dans votre estomac, et brouillent un tantinet vos pensées. Vous avez pu échapper à la soirée karaoke. Rentré à l’hôtel, une heure de nouvelles en boucle sur CNN. Bande-son lointaine. Vous êtes focalisé sur votre messagerie outlook. Epluchage des e-mails de la matinée. Problèmes à gérer, contrariétés diverses. Votre esprit est en éveil, mais votre corps montre des signes de fatigue. Déjà pendant la journée, vous vous êtes assoupis dans le métro ou dans le taxi, entre deux rendez-vous. Et la dernière réunion a failli être fatale à votre dignité, pour cause de quai-endormissement alors que votre interlocuteur, dans un anglais laborieux, vous expliquait les charmes secrets de l’industrie locale des semi-conducteurs... Vous vous rappelez l’état pathétique de Bill Murray/Bob Harris dans le merveilleux "Lost in Translation" de Sofia Coppola...
San Francisco. 19h00. Troisième jour du séjour. C’est l’heure du dîner. Il est 4h00 du matin à Paris. Vous êtes "claqué". Vous avez pourtant appliqué les préceptes de base du voyageur... Essayé de dormir dans l’avion. Facile à dire quand il y a 7 ou 8 films que vous n’avez pas encore vu, à apprécier sur votre écran vidéo individuel... Facile à dire quand, contrairement aux recommandations, vous avez accepté la coupe de champagne, généreusement offerte par la compagnie, et ce Pauillac dévastateur. Alcool et altitude... Pas terrible. Vous arrivez fatigué à destination. Vous prolongez la journée au maximum.

- San Francisco - Baybridge
A Tokyo, vous arrivez en général tôt. Vous êtes au centre-ville en début de matinée. De quoi profiter d’une journée complète. L’idéal est de partir un dimanche matin. Ce qui laisse une journée d’adaptation et vous permet d’être opérationnel dès le lundi. Toutes les entreprises n’ont pas ces libéralités...
Vers l’ouest, vous remontez le temps. Vers New York ou San Francisco, vous partez tôt le matin et arrivez en début ou fin de matinée. En plein jour. Dans ce cas de figure aussi, couchez vous le plus tard possible, fatiguez votre organisme naturellement. Ce qui ne l’empêchera pas de réagir de façon automatique... Et vous vous réveillerez... Voir plus haut... Quoi qu’il en soit, le voyage lointain et de courte durée fait encaisser choc sur choc à l’organisme.
Un somnifère léger permet de provoquer le sommeil. A ce jour, le "Stilnox" est le plus efficace et celui qui ne laisse pas de traces au réveil (tête lourde, bouche pâteuse, etc...). Dosage à discuter avec un médecin.
Quid de la mélatonine ? C’est selon. Certains ne jurent que par cette molécule pour régler l’organisme. A prendre en complément d’un somnifère. C’est très expérimental car tout dépend du dosage. Les effets dépendent de l’organisme de chacun. On en trouve dans n’importe quel magasin américain vendant des vitamines et compléments nutritionnels.
Une hygiène de vie correcte pendant le voyage permet de s’épargner une fatigue additionnelle. Eau à l’heure du déjeuner. Bière légère à la rigueur. Le soir, dîners légers... Si possible. Parfois la diplomatie et les bonnes relations commerciales imposent quelques écarts. Payés au prix fort le lendemain. Pour survivre à la soirée karaoke, mieux vaut avoir le vol retour le lendemain, ou un week-end en perspective...
De retour à Paris, sommeil chimique pour se caler sur l’heure locale. Les voyages au long cours, de courte durée, sont un moyen d’apprendre à connaître le fonctionnement de son organisme. Une affaire finalement très personnelle.







