Iberia et British Airways ont annoncé un accord préliminaire de fusion pour donner naissance à la troisième compagnie aérienne mondiale en terme de chiffre d’affaires. L’opération, qui vise à regrouper les forces des deux transporteurs pour mieux affronter la crise, sera formalisée au premier trimestre 2010 et devrait être définitivement conclue à la fin de cette année-là. Le rapprochement, valorisé sept milliards de dollars (soit 4,7 milliards d’euros), se fera sur la base d’une parité donnant 55% du capital aux actionnaires de British Airways et met fin à un feuilleton entamé il y a plus d’un an.
La nouvelle compagnie alliera la forte position de British Airways entre l’Europe et l’Amérique du Nord et les activités importantes d’Iberia en Amérique latine. Elle pourrait être éventuellement renforcée par un projet d’alliance avec American Airlines du groupe AMR.
La nouvelle société sera constituée sur le modèle du rapprochement franco-néerlandais d’Air France-KLM de 2004, c’est-à-dire s’il y aura création d’une holding coiffant deux filiales opérationnelles. La nouvelle compagnie aura deux hubs, l’un à Londres, l’autre à Madrid. Chacun conservera ses licences, ses codes et ses marques pendant les cinq premières années de la fusion.
Ce mariage inquiète bien entendu les syndicats anglais et espagnols, qui se battent déjà contre de lourdes suppressions d’emplois chez BA comme chez Iberia. S’ils ont reconnu que cette fusion confortait l’avenir des deux compagnies, ils redoutent l’impact sur l’emploi, non encore chiffré.
L’opération a aussi déclenché de vives critiques chez les concurrents. Ainsi Virgin Atlantic, concurrente acharnée de BA depuis 25 ans, a répété que cette union allait renforcer la domination de BA sur l’aéroport londonien de Heathrow et les vols transatlantiques. Ryanair a fustigé un nouveau rapprochement entre deux compagnies « à tarifs élevés, qui sont obligées de fusionner parce qu’elles sont incapables de concurrencer » ses vols à bas prix. « La fusion entre BA et Iberia ressemble à deux ivrognes qui essayent de se soutenir l’un l’autre », a même dit le porte-parole de la compagnie irlandaise, Stephen McNamara.
Mais le déficit du fonds de pension de British Airways pourrait faire dérailler ce projet de fusion. Un problème d’ailleurs qui a été l’un des principaux points d’achoppement de négociations qui se sont déroulées sur plus d’un an. Iberia a fait savoir qu’elle se réservait le droit de dénoncer l’accord conclu si ce déficit devait dépasser l’estimation des analystes, c’est-à-dire trois milliards de livres (3,36 milliards d’euros)…






