Le gris et le bleu du ciel, le vert des prairies et des vergers, le blanc de la lumière des bords de Seine, les couleurs des fleurs : les paysages normands ont inspiré les impressionnistes, ces artistes qui voulaient traduire l’instantané de la sensation. Giverny (www.giverny.fr), dans l’Eure (www.eure-tourisme.fr), est devenu la patrie du Parisien Claude Monet, son inspiration, son obsession.
Il s’y installe en avril 1883 alors qu’il a 43 ans. Il y mourra en 1926. Entre temps il n’a eu de cesse que de transformer le potager originel de la maison qu’il a d’abord louée pendant 7 ans avant de l’acheter, en un jardin enclos de fleurs. Et d’inventer un motif pour le peindre après, d’inverser donc la démarche traditionnelle du peintre paysagiste.
La grande maison familiale

La Fondation Claude Monet (www.fondation-monet.com), avec la maison et le jardin, a ouvert ses portes le 1er juin 1980. Avec 500 000 entrées par an, c’est aujourd’hui le deuxième site touristique de Normandie le plus visité après le Mont Saint-Michel.
On entre avec bonheur dans cette grande bâtisse en crépi rose où vivaient Claude Monet, sa deuxième femme et leurs six enfants. L’homme aimait les couleurs comme en témoignent le vert des volets, le bleu de la cuisine (tout en carrelage bleu de Rouen) et du salon de lecture et le jaune de la salle à manger. L’artiste collectionnait aussi les estampes japonaises dès 1870 ; elles sont toujours accrochées aux murs.
Profusion de fleurs

Mais le bijou c’est le jardin qui offre d’avril à octobre une succession de floraisons et de senteurs. Un vrai petit coin de paradis, hors du temps. « En dehors de la peinture et du jardinage, je ne suis bon à rien » disait Claude Monet. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il avait la main verte !
Courant les expositions de plantes et les jardins botaniques, conseillé par le pépiniériste Georges Truffaut, échangeant avec ses amis Gustave Caillebotte et Octave Mirbeau, eux aussi artistes jardiniers, Monet façonne son jardin jour après jour en plantant bulbes, graines, arbres, en associant des espèces, en créant un jardin d’eau, puis un pont japonais. Il ne commencera à peindre son joyau qu’en 1899.
De l’impressionnisme à l’art moderne

Et d’ailleurs où peut-on admirer les œuvres du maître à Giverny ? Jusqu’à présent c’était la grande frustration d’un voyage à Giverny. Mais depuis le 1er mai, notre curiosité est enfin satisfaite avec l’exposition Le Jardin de Monet à Giverny : l’invention d’un paysage proposée par le Musée des impressionnismes, situé à quelques pas de la Fondation Claude Monet. Ce n’est pas un nouveau musée, mais la transformation du Musée d’Art Américain crée en 1992 en musée des impressionnismes dont la vocation est de mettre en lumière les origines et la diversité du mouvement artistique. Et de montrer que ces artistes en révolte contre l’académisme à la fin du XIXe siècle ont influencé la peinture moderne, et ont été les précurseurs de l’abstraction.
Un jardin, une œuvre, un homme

L’exposition inaugurale consacrée à Claude Monet jusqu’au 15 août montre très bien ce cheminement avec l’exposition d’une trentaine de toiles de Monet qui viennent du Musée d’Orsay, du Musée Marmottan Monet et de prêts européens (car le musée des impressionnismes n’a pas de collection propre). La première section L’invention d’un paysage (1883-1904) revient sur les transformations du jardin et dévoile ses premières séries (Les Peupliers, les Meules, les Cathédrales). Ce ne sont pas des versions différentes d’un même thème mais l’étude des variations de l’éclairage selon les heures et les saisons. Le sujet est bien ces changements et non le paysage lui-même. La deuxième section Monet peintre du XXe (1899-1926) marque le début des tableaux du jardin de Giverny qui va devenir le motif de prédilection de Monet. Nature foisonnante, lyrisme, compositions de moins en moins lisibles, variété des formats : l’impressionniste voulait rendre l’illusion d’un tout sans fin, là il mélange le ciel et l’eau, la lumière et les reflets et abolit les perspectives. La dernière partie de l’exposition L’élaboration d’une image (1905-1926) offre enfin un regard très intéressant sur la manière dont Claude Monet s’est d’abord affiché en gentleman-farmer avant de poser en patriarche grâce à très de nombreuses photos.
La Normandie berceau historique

A noter que la présence de Claude Monet à Giverny a attiré dans ce petit village eurois un cercle d’Américains désireux de mettre en application des principes impressionnistes au cœur des paysages normands. Si vous avez le temps allez donc visiter aussi l’ancien hôtel Baudy, une épicerie buvette transformée en 1891 en hôtel où ont séjourné et travaillé ces Américains, Alfred Sisley ou Paul Cézanne. Et si vous aimez l’impressionnisme, cochez d’ores et déjà dans vos agendas l’été 2010 avec l’organisation de juin à septembre d’un festival Normandie Impressionniste. La Haute et Basse Normandie (www.normandie-tourisme.fr). seront mobilisées autour du berceau historique de ce mouvement à travers une multitude de manifestations regroupant toutes les formes artistiques liées à l’impressionnisme ou qui en perpétuent l’esprit. Ce sera à Rouen, au Havre, à Honfleur, à Caen, à Dieppe, à Cherbourg, à Evreux. Et à Giverny, bien entendu.
Musée des impressionnismes
99 rue Claude Monet
27620 GIVERNY
Tel : 02-32-51-94-65
Ouvert tous les jours de 10 à 18h jusqu’au 31 octobre (sauf les lundis non fériés à partir du 14 juillet)
Adultes : 5,50€ ; tarif réduit : 4€ ; gratuit pour les – de 12 ans et le 1er dimanche du mois
Visites guidées à 15h30 les 27 mai, 24 juin, 22 juillet, 23 septembre et 21 octobre
Fondation Claude Monet
84 rue Claude Monet
27620 GIVERNY
Tel : 02-32-51-28-21
Ouvert tous les jours de 9h30 à 18h jusqu’au 1er novembre
Adultes : 6€ ; - de 12 ans : 3,50€ ; gratuit pour les – de 7 ans
Musée-restaurant Ancien hôtel Baudy
81 rue Claude Monet
27620 GIVERNY
Tel : 02-32-21-10-03
Crédit Photo : peintre dans le jardin, CDT EURE P. Forget.Nickolas Muray, Claude Monet dans son jardin à Giverny, 1926, tirage original, 19 x 23.5 cm, © collection du musée Clemenceau. Claude Monet, Nymphéas, vers 1914, Huile sur toile 135 x 145 cm, coll particulière © Tous droits réservés. Claude Monet, Les Nymphéas, 1904, huile sur toile, 87 x 93 cm, Ville du Havre, musée Malraux © Florian Kleinefenn. Claude Monet, Le Bassin aux nymphéas : harmonie verte, 1899 Huile sur toile, 89 x 93.5 cm, © Musée d’Orsay, Dist RMN © Hervé Lewandowski






