La couverture – devant un fond de massif montagneux marbré de neige, une jeune femme, se baignant dans un lac, s’asperge le visage avec un sourire extatique, les yeux fermés – me fait rêver. Ma décision est prise en un instant : voici un lieu où je pourrai « marcher dans la beauté », comme disent les Navajos.
Conseils pris, je choisis de me rendre dans la partie la plus australe du pays, le Voralberg (littéralement « devant l’Alberg »), et décide de résider dans deux lieux très différents.
L’un, le Warther Hof (www.wartherhof.com), situé à 1 500 m, étendard de la tradition ; l’autre (à 1 000 m), le Walliserhof (www.walliserhof.at), un design hôtel. Un must pour le Voralberg, l’un des 9 lands de l’Osterreich, qui compte pas moins de 10 édifices distingués par des prix d’architecture ! Normal, en fait, pour une région précurseuse en Europe de l’architecture contemporaine. Le budget est raisonnable (environ 120 euros, par personne et par nuit, en demi-pension), le vol rapide (1 h pour Zurich depuis Paris, puis transfert de 2 h par une navette de l’hôtel) – voir www.voralberg.travel (il y a aussi une liaison Paris-Friedrichshafen, l’aéroport du lac de Constance, à 32 km de Bregenz, la capitale du Voralberg, et une autre liaison avec Nice)… Pourquoi hésiter ? Comme Mozart, la couverture du guide des SPA autrichien (www.austriatourism.com) incarne légèreté et profondeur, et sa pleine lumière m’évoque l’Aufklärung de Freud, l’éclaircissement, l’assurance que l’on peut se soigner. Et comme un tableau de Klimt, la beauté apparaît raffinée et parée de sensualité ! Trois grandes figures qui restent les meilleurs ambassadeurs de l’Autriche…
Corps et esprit : une même chose

De retour à Paris, il m’a semblé qu’un mois s’était écoulé. Une forte averse soudaine, au moment d’ouvrir ma porte, a été comme un clin d’œil des cieux m’offrant un dernier soin hydrothérapique, comme un rappel des bienfaits reçus au cours de mon long week-end.

Son message ? Vivre l’instant présent, maîtriser son désir (ou le sublimer) est possible. Avec une certitude : « L’âme et le corps sont une seule et même chose. » (Spinoza). Prendre soin de son corps constitue finalement le chemin le plus court pour retrouver sérénité et énergie. Là-haut, dans ces magnifiques montagnes, les massages ayurvédiques, shiatsu, pierres chaudes, enveloppement d’algues ou de foin , sauna, pratique Kneipp (alternance du chaud et froid), bain de vapeur au sel, les massages avec des produits locaux comme l’huile de marmotte ou de schiste, le lait de jument ou encore le petit-lait du fromage et une nourriture bio (production locale de viande, de lait, de fromages) - accompagnée, je l’avoue, d’excellents vins (une totale surprise aussi bien en rouge qu’en blanc avec l’extraordinaire cépage Beerenauslese, sans parler du schnaps) -, ont transformé ces quatre jours en un rêve… « éveillé ».
Voralberg for ever
Vous étonnerai-je en vous disant que j’aimerais y retourner ? Pour explorer encore mieux cette montagne sauvage aux vallées encaissées, où tintent au loin les cloches des vaches sur l’alpage ; partir en randonnée sur un Hälfinger (ces merveilleux chevaux à la crinière blonde), à Brand, avec les enfants, ou en virée en moto « on the wild side », à Warth… ; faire la route des fromages (de la mi-septembre à la mi-octobre, « l’Automne des fromages ») ; participer au festival de musique de Bregenz (www.bodensee-voralberg.com) au bord du lac de Constance – filmé dans le dernier James Bond « Quantum of Solace » – qui attire 200 000 personnes chaque année (en 2010, « Aïda » de Verdi, du 22 juillet au 23 août) ou rejoindre la Schuberiade, dans le pittoresque village de Schwarzenberg (du 17 au 27 juin et du 29 août au 8 septembre), le festival Schubert de référence ; aller à la plus grande fête du chocolat Milka au monde (en juillet à Bludenz) ; chanter avec l’écho des montagnes du Grosses Walsertal ; passer une semaine « Energy balancing » à Lech am Alberg (en juillet et août) ; marcher pieds nus à Riefensberg, dans le Bregenzerwald (l’une des six régions du Voralberg) ou encore faire le chemin de Saint-Jacques de Compostelle qui relie Landeck au Tyrol à Einsiden en Suisse ; et pourquoi pas faire du golf (4 terrains 18 trous dans le Voralberg), du VTT (par exemple 860 km sur 30 itinéraires à Montafon), du tir à l’arc, de la peinture, de la sculpture (à Lech, en juillet et en août)… et bien sûr chausser les skis. Car ces hauts lieux du tourisme sont avant tout de formidables domaines skiables de pleine nature aux paysages à couper le souffle (avec des forfaits tout compris très intéressants). Et puis, mais surtout, ne le dites à personne, ce que j’ai trouvé de « vraiment » dépaysant, c’est de ne pas rencontrer de Français ! N’est-ce pas ?
En résumé : une totale rupture et une super remise en forme dans un cadre idyllique avec un niveau d’hôtellerie (accueil, table, chambre) à un prix imbattable (comparé à la France).
Tarifs : nuit à partir de 120 euros par personnes, soins : 1 euro en moyenne par minute (les soins vont de 25 à 80 mn).
Lire également : http://www.voyage.youvox.fr/Warther...
Photos : 1 – Warther Hof ; 2 – Walliserhof ;









