Quand soif de découvertes et lucidité font bon ménage, le tourisme devient "responsable"
L’accélération des flux touristiques dans les pays « pauvres » a causé des dégâts bien identifiés : tourisme sexuel, enfants mendiants déscolarisés, dégradations environnementales et urbanisme chaotique, populations locales surexploitées mais laissées pour compte, traditions séculaires fragilisées, irrespect des occidentaux envers les codes de conduite locaux...
Pour qui ne souhaite pas contribuer aux ravages de l’industrie touristique de masse, il y a le tourisme solidaire. Les termes abondent (tourisme solidaire, responsable, équitable…) mais le principe est clair. Il s’agit de respecter l’environnement que l’on traverse, d’injecter ses devises dans des projets de développement durable et de soutenir la préservation des identités culturelles. En d’autres termes, de concilier les joies du tourisme et les nécessités locales, sans tomber dans les pièges du misérabilisme.
Diverses chartes ont été écrites, auxquelles ont adhéré bon nombre d’opérateurs. La plupart du temps, ils sous-traitent avec des agences basées sur place. Ces agences sont en relation avec des associations locales qui, à 99%, ne peuvent compter que sur elles-mêmes. Une partie du forfait perçu par les agences leur est reversée : c’est indolore pour le touriste et pourtant, c’est déjà de la solidarité.
Au niveau de l’offre, vous trouverez sans peine des packs mêlant étapes touristiques et immersion dans la vie des autochtones. Vous partirez alors en trek sur plusieurs jours, dans des coins difficiles d’accès voire interdits aux voyageurs solitaires. A la clé : des moments forts en compagnie de peuples isolés, ravis de partager leur culture, leur temps et même leur toit quand cela leur est possible. Ravis comme on peut l’être face à un visiteur venu jusqu’à vous plein de respect, simplement animé de l’envie de vous connaître.
J’ai testé, et j’y reviendrai
J’ai voyagé avec le réseau "The Adventure Travel Network", présent dans de nombreux pays.
Au Vietnam, j’ai pu accéder à la zone de Kontum, alors fermée aux touristes pour cause d’insurrections des cultivateurs d’hévéa opposés à la politique agricole dictée depuis Hanoi. Premiers étrangers à passer depuis deux ans, nous avons été accueillis comme des amis de
toujours et avons fait la fête toute la soirée, admiratifs devant les talents de nos hôtes. Nuit magique dans l’ivresse de leurs chants, danses et musiques (ivresse entretenue à coups de gnaule locale !)
Au Kenya, nous étions dans les collines formant la frontière tanzanienne, près d’un village perdu appelé Torosei. C’est une région maasai très traditionnelle, qui a été sévèrement touchée par la sécheresse des deux dernières années. Itinérants pendant une semaine, nous avons vécu en compagnie d’une dizaine d’hommes maasai venus des petits villages alentour.
Là encore, ce furent des riches échanges : danses, chants, longues conversations sur nos différences comme nos ressemblances...et puis des ribambelles d’enfants vraiment pas avares de sourires !
En dehors des frais réels du trek (location des ânes, travail de nos accompagnateurs, consommations du groupe...), une enveloppe est remise à la communauté au passage de chaque groupe. Le soutien de l’agence ( Galago Expeditions ) a par exemple contribué à l’installation d’abreuvoirs, d’un système d’irrigation arrosant plusieurs villages et à l’ouverture d’une école primaire. Nous avons vu tous ces sites, et c’est du super boulot.
Avant notre passage, notre accompagnateur était venu de Nairobi pour apporter des tables et des chaises afin d’équiper une salle de classe. Récemment, l’école en question s’est même dotée d’une infirmerie. A ce jour, un module d’internat est en cours car certains enfants ont trop de marche à faire pour poursuivre leur scolarité. Et surtout, les locaux rêvent de bâtir le lycée. Pour que les petits actuellement scolarisés puissent aller au bout du parcours.
Quand on pense aux besoins énormes qui restent sans réponse, on réalise que ce n’est qu’une bien maigre contribution. Mais c’est mieux que rien, et le compromis est honnête : loin de l’humanitaire "payant" qui donne bonne conscience, loin du tourisme passif drainé par des rabatteurs professionnels, c’est juste du tourisme positif et utile. Utile, voila le fin mot de l’affaire.
Ça vous intéresse ?
Quelques liens depuis lesquels vous pourrez surfer à droite à gauche.
Pour fouiller le sujet du tourisme solidaire :
Textes de référence, intervenants, tour d’horizon de projets en cours à travers le monde... sur http://www.tourisme-solidaire.org
Le code mondial d’éthique du tourisme (Nations-Unies & OMT)
Pour votre prochain voyage :
L’ UNAT (Union Nationale Associations de Tourisme et de plein air), association de référence en France
Echoway . Association à vocation d’information/orientation du voyageur intéressé par le tourisme solidaire.
ATR (Agir pour un Tourisme Responsable) : groupement des T.O français ayant adhéré
The Adventure Travel Network : pour un contact direct sans les opérateurs français. Nombreuses agences à travers le monde.






