Le nombre de Grands Sites en France
Il n’existe pas de liste figée et close des Grands Sites de France : sur les 2663 sites classés au titre de la loi du 2 mai 1930, une centaine d’entre eux pourrait correspondre à la notion de Grand Site.
35 Grands Sites se sont regroupés au sein du Réseau des Grands Sites de France, association nationale réunissant les collectivités qui gèrent les Grands Sites. Huit d’entre eux ont obtenu le label GRAND SITE DE FRANCE® : l’Aven d’Orgnac, la Pointe du Raz, le Pont du Gard, Sainte-Victoire, Bibracte - Mont-Beuvray, le Puy de Dôme, le Marais poitevin et donc Saint-Guilhem-le-Désert, Gorges de l’Hérault.

Pourquoi un Réseau des Grands Sites de France ?
Comment préserver, faire vivre et gérer de façon responsable des lieux évocateurs d’espace, de lumière, de beauté, de ressourcement et d’inspiration afin que chacun, habitant ou touriste, puisse en jouir aussi bien aujourd’hui que demain ? Animées par la force des lieux, des équipes travaillent en coulisse à préserver ces paysages, à accueillir le public, à gérer ces sites en inscrivant leur action dans les principes du développement durable. Émanation des collectivités locales, elles sont soutenues dans leurs efforts par l’Etat.

Le Réseau des Grands Sites de France, association loi 1901, a été créé le 7 novembre 2000, à l’initiative des collectivités qui gèrent des Grands Sites et grâce au soutien du Ministère en charge de l’Environnement. Réunissant 17 membres à sa création, 35 à ce jour, le Réseau accueille chaque année des membres nouveaux souhaitant échanger et améliorer leurs pratiques, défendre les valeurs des Grands Sites et faire entendre la voix des gestionnaires. Cette création a été l’aboutissement d’une réflexion de responsables de Grands Sites confrontés, dans leur diversité, à des problèmes et des défis semblables. C’est aussi le départ d’une démarche qui vise à venir en appui aux organismes qui gèrent les Grands Sites, à les représenter au plan national et à donner plus de poids à l’action en faveur des Grands Sites.
Les 35 membres du Réseau des Grands Sites de France ont en commun d’être des sites emblématiques de notre pays connaissant une forte fréquentation touristique, d’être protégés par la loi de 1930 et de s’inscrire dans une démarche de gestion selon des principes de développement durable, dans le respect de l’esprit des lieux.
L’histoire des Grands Sites est bien entendu très liée à celle du tourisme. Dès les débuts du tourisme moderne au XIXème siècle et de plus en plus avec le développement des moyens de transport, du temps libre et des congés payés, ils ont attiré de nombreux voyageurs. Aujourd’hui, 27 millions de visiteurs sont accueillis chaque année dans les Grands Sites regroupés au sein du Réseau.

La politique "Grands Sites"
Source de développement économique, d’échange et d’ouverture, le tourisme, s’il est intrinsèquement lié aux Grands Sites, doit cependant être maîtrisé pour en prévenir les risques : sites engorgés, profusion de voitures, de déchets, paysages abîmés, gêne pour les riverains…
La prise de conscience de la nécessité de gérer les Grands Sites
La loi est essentielle à la protection. Mais elle ne peut, à elle seule, suffire à préserver des sites aussi fréquentés. Même protégés, des lieux non gérés ne peuvent satisfaire personne : ils se dégradent, les habitants subissent les flux touristiques et finissent par perdre tout sentiment de fierté vis à vis de leurs sites, les touristes les découvrent dans de mauvaises conditions. C’est ainsi que s’est imposée, dès les années 1970, la nécessité de mettre en place des équipes de terrain dédiées au site et de définir des projets de gestion à long terme.
Les démarches de réhabilitation et de mise en valeur
La prise de conscience des effets pervers d’un tourisme mal maîtrisé, a conduit les collectivités à s’engager dans des actions de réhabilitation et de gestion, dans le cadre de la démarche des "Opérations Grands Sites" (OGS), proposées par l’Etat dès 1976, ou dans le cadre de démarches qui s’en inspirent. Fondées sur la concertation locale, financées par l’Etat et les collectivités, les OGS s’inscrivent dans une politique nationale impulsée par le Ministère en charge de l’environnement. Ces Opérations Grands Sites reposent sur des principes forts :
*le respect de “l’esprit des lieux” propre à chaque site
*une fonction majeure d’accueil du public et de pédagogie
*une fréquentation maîtrisée du site, compatible avec sa préservation
*des habitants associés aux projets et à la vie du Grand Site
*des retombées économiques qui contribuent à financer la protection, la bonne gestion et l’entretien du site
*la nécessité de considérer le site en lien avec son territoire.
Une quarantaine de sites mènent aujourd’hui une OGS. Pour soutenir et reconnaître les politiques "Grands Sites" menées par les gestionnaires, l’Etat a crée en 2003, un label de développement durable, GRAND SITE DE FRANCE®.

Le label
Pour pérenniser la qualité de la gestion et du développement, l’Etat a donc mis en place le label GRAND SITE DE FRANCE® dont le logo et le règlement sont déposés depuis 2003 à l’INPI. Ce label, très exigeant, est géré par le ministère en charge de l’environnement. Il est attribué pour une durée de six ans renouvelable mais peut être retiré à tout moment en cas de manquement aux engagements de protection, de mise en valeur, de développement économique local et de respect du visiteur. En adhérant au Réseau, chaque membre s’engage à tout mettre en oeuvre pour obtenir le label GRAND SITE DE FRANCE®, reconnaissance d’une gestion conforme aux principes du développement durable.
Les champs d’action
Valoriser l’esprit des lieux, faire vivre le patrimoine naturel et culturel
Du Pont du Gard à Alésia en passant par la Baie de Somme, chaque site possède sa propre identité, un esprit qui est lui est particulier. Préserver et valoriser cette diversité, passe par la réhabilitation du patrimoine bâti, par la requalification d’espaces et de paysages naturels en s’appuyant sur les savoir-faire locaux ainsi que sur des techniques innovantes.
Gérer les flux et diminuer la pression des voitures sur les sites
Les gestionnaires des Grands Sites cherchent à limiter l’impact de la fréquentation et la présence de voitures dans ces sites protégés. Mobilité douce, recul des parcs de stationnement et navettes sont des pistes pour préserver l’esprit des lieux et la qualité de la découverte.
Préserver la biodiversité et les espaces naturels fragiles
D’abord protégés pour leur valeur paysagère, de nombreux Grands Sites abritent une faune et une flore aussi exceptionnelles que fragiles. Les gestionnaires ont ainsi souvent pour mission d’animer les démarches Natura 2000 et de veiller à la préservation des habitats d’espèces protégées. La lutte contre la fermeture des milieux par la végétation, enjeu majeur dans de nombreux sites, est conduite en partenariat avec les agriculteurs et les forestiers.
Accueillir et responsabiliser les visiteurs
Les Grands Sites sont un formidable vecteur de découverte du patrimoine naturel et culturel et de sensibilisation du grand public au tourisme durable et à l’éco-responsabilité.
Favoriser les retombées économiques et sociales locales
À travers la valorisation des patrimoines, les Grands Sites consolident les liens entre les habitants, leur territoire et leur histoire. Ils constituent également des atouts forts pour le développement local par les emplois, les activités de services, le dynamisme culturel et touristique qu’ils génèrent. Deux études menées sur le Pont du Gard et le Puy de Dôme montrent l’ampleur des retombées économiques générées par les Grands Sites.
La concertation autour des projets Grand Site
Les équipes de gestion s’attachent à créer et à animer le dialogue entre les acteurs du territoire pour une bonne gouvernance autour du projet de développement et de mise en valeur du Grand Site. La concertation permet de prendre en compte les usages et les besoins des habitants et des visiteurs.
L’Europe et l’international
Au-delà de nos frontières, d’autres sites de renommée ont des préoccupations similaires à celles que connaissent les Grands Sites en termes de gestion des flux, d’accueil des publics et de préservation des paysages. Des programmes de coopération ou des jumelages sont en cours de développement.

Les Grands Sites en quelques dates
1906 : première loi "organisant la protection des sites et monuments naturels de caractère artistique" (loi du 21 avril)
1930 : loi du 2 mai 1930 sur la "protection des monuments naturels et les sites de caractère artistique, historique, scientifique, légendaire ou pittoresque", donnant sa forme définitive à la loi du 21 avril 1906
1976 : lancement par l’Etat des premières " Opérations Grands Sites" visant à réhabiliter des sites classés emblématiques, très fréquentés et menacés par un afflux touristique mal maîtrisé
2000 : création du Réseau des Grands Sites de France par des collectivités en charge de la gestion de grands sites ; 17 sites membres
2003 : dépôt par l’Etat à l’Institut national de la propriété intellectuelle (INPI) du label GRAND SITE DE FRANCE® et de son logo
2004 : premières attributions du label par le Ministère en charge de l’Environnement à l’Aven d’Orgnac, la Pointe du Raz, le Pont du Gard, Sainte-Victoire
2005 : création par Bernard Dejonghe d’"Ecouter le monde", oeuvre contemporaine en verre massif symbolisant les valeurs des Grands Sites
2007 : attribution du label GRAND SITE DE FRANCE® à Bibracte-Mont Beuvray
2008 : attribution du label GRAND SITE DE FRANCE® au Puy de Dôme
2009 : 2640 sites classés, représentant 826 241 hectares, soit 1,4 % du territoire national. 35 sites membres du RGSF dont 6 sites labellisés GRAND SITE DE FRANCE® par le Ministère de l’Ecologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du Territoire
2010 : Adoption par l’Assemblée Nationale de l’Amendement parlementaire donnant un fondement juridique au label Grand Site de France® et attribution du label GRAND SITE DE FRANCE® au Marais Poitevin et à St Guilhem le désert – Gorges de l’Hérault
Plus d’informations sur www.grandsitedefrance.com
Crédit Photo :
Saint-Guilhem-le-Désert : Olivier Arsandaux
Les deux Caps : Eric Desaunois
le Puy Mary : Thierry Marsilhac
Grand Site Sainte-Victoire






