Ce week-end, c’est décidé : cap sur la Haute-Saône, aux confins de la Franche-Comté. Une première ! Et comme souvent en France, la surprise est totale et la séduction immédiate.
Imaginez de douces collines boisées, de petits villages aux clochers à l’impériale – typiques de la région – aux tuiles vernissées et colorées (chaque village possède un décor original qui permet de se repérer lorsque les paysages uniformisés la neige se confondent.) Le sentiment d’être hors du temps domine en pénétrant cette pleine nature aux « forêts profondes » (en celte, « ardennes »). Le pays est peu connu sans doute parce que, terre de carrefour (3h de Lyon, 40 mn de Besançon, 1h30 de Colmar, 4h de Paris, 5h de Lille, à 90 mn de la Suisse et de l’Allemagne), on y passe sans s’arrêter. Du coup, il a gardé tout son « jus » et j’imagine sans difficulté voir, au XVIIe siècle, Balthazar Gérard se mettre en route, de la vallée de la Loue toute proche, pour tuer le duc d’Orange et perpétrer ainsi le premier assassinat politique en Europe. Je m’égare mais l’ambiance générale est au rêve. Pour cette sortie, on na pas lésiné : 10 ans de mariage, ça se fête ! Et pour ne pas se compliquer la vie pour établir le programme de cette escapade romantique, on est passé par l’agence de développement touristique de Haute-Saône : Destination 70 : www.destination70.com Tél. : 03 84 97 10 80.
1er jour : sur l’eau à Saône Valley : châlet-bateau (Trave)
Pour commencer, de l’insolite à Trave (à 15 km de Vesoul) avec l’original « camping » de Didier et Nathalie, des enfants du pays. Chez eux, pas de tente ni de mobil home mais de petits chalets en bois (de 42 à 48 m2, comprenant 2 chambres, 1 salon-cuisine et salle-de-bains), construits par des artisans locaux, bien espacés et donnant sur une pièce d’eau berçant une petite flotille de bateaux, utilisables sans permis. Eh oui, ici vous payez un forfait (week-end 3 jours et 2 nuits, 4 personnes, 550 euros ; chalet seul sans bateau, 2 jours et 1 nuit, 4 personnes, 155 euros) qui comprend l’utilisation, sans réservation, d’un hors bord. Un rêve pour les pêcheurs ou, comme dans notre cas, les amoureux des promenades en rivière.
Leur idée est géniale. A partir de ce petit port, on accède à la Saône en parcourant quelques centaines de mètres. Après c’est l’aventure. Trois circuits sont accessibles. Nous, nous avons choisi de rejoindre Scey avec la pénichette, une balade d’à peine 2 heures qui permet de rejoindre un super petit restaurant au bord de l’eau : Les deux ports.
Le lieu fonctionne toute l’année. C’est dire que le succès est au rendez-vous : la juste récompense de l’innovation ! (Ils ont d’ailleurs obtenu le prix national Les Trophées du tourisme 2008). Pour les groupes (jusqu’à 8), un 15 mètres (sans permis) avec couchettes peut être loué à la semaine ou pour 1 week-end. Le pied ! Et cerise sur la gâteau, pour Noël s’ouvre un espace commun avec, notamment, un spa à bain bouillonnant et espace de remise en forme.
Tél. : 03 84 92 72 70. www.saonevalley.com
2e jour : en l’air dans une cabane dans les arbres à La Forge de Bonnal (Chassey-les-Montbozon)
Après un dîner d’amoureux à l’excellent restaurant de Jean-Michel Turin, le château de Vauchoux (lire ci-dessous) à Port-sur-Saône, 1 étoile au Michelin depuis 30 ans, retour à La Forge de Bonnal, où nous avons pris des quartiers hauts perchés : une cabane dans les arbres, à 8 mètres du sol. Encore plus insolite ! Pas d’électricité, pas d’eau mais des toilettes sèches et le matin, un panier petit-déjeuner se monte par une corde. L’expérience ne manque pas de sel, surtout quand le vent souffle et que les craquements du bois donnent de petites frayeurs. Mais on est si bien dans son nid !
Comptez une centaine d’euros pour 2 personnes (+ 40 euros par personne supplémentaire). Cabanes de 2 à 6 personnes. Situé dans un vaste espace autrefois occupé par des gravières.
www.cabanesdes grandslacs.com
Tél. : (0)3 84 77 06 72
Curiosité culinaire locale : le biscuit de Montbozon, le roi des desserts et le dessert des rois
L’histoire dit que lors de sa fuite, Louis XVI descendit à l’hôtel de la Croix d’or que tenait la famille Lanternier à Montbozon. Son cuisinier particulier qui l’accompagnait ne put résister aux attraits des fourneaux et c’est ainsi qu’il apprit à ses hôtes le secret d’un dessert qu’appréciait particulièrement le couple royal, et qui devint depuis le biscuit de Montbozon.
Dîner au château de Vauchoux (1 étoile Michelin), à Port-sur-Saône
Dans une vieille bâtisse, un lieu plein de charme, une cuisine plutôt classique mais très raffinée et un accueil parfait. Idéal pour découvrir les produits du terroir élaborés par le chef avec toute la sophistication voulue et attendue par les fins gourmets. En souvenir, nous avons noté le cocktail maison, le vau-choux-vert : 2/10 de grand-marnier centenaire, 1/10 de liqueur poire Devoile, 1 trait de curuçao bleu, gin et vodka. Tél. : (0)3 84 91 53 55. Compter une centaine d’euros par personne.
Déjeuner au château de Presle, chambres d’hôtes à Breurey-lès-Faverney
Mr et Mme Smith ont acheté il ya quelques années ce petit château XIXe situé au cœur d’un vaste parc de 6 hectares qui jouxte le village charmant de Breurey (à quelques km de Luxeuil) pour le transformer en chambres d’hôtes. Au nombre de 6, dont 2 suites, elles séduiront ceux qui aiment les décors froufroutants de ce siècle des « cocottes ». Compter une centaine d’euros.
Marie-France Smith a une passion : la cuisine. Ses repas sont un peu chers pour une table d’hôte (40 euros) mais on en garde un souvenir fleurant le ravissement tant les mets sont fins et raffinés (vins à discrétion). Et pour couronner le tout : la plupart des légumes viennent du potager du château et tous les produits sont d‘origine locale. Ah, la vie de château…
A noter, les excellents vins locaux servis (rouge et blanc) à cette table de maître. Une divine surprise. Après prise de renseignements, ils proviennent du vignoble Guillaume, propriétaire-récoltant depuis 1732, à Charcenne (route de Gy). Tél. : (0)3 84 32 77 22.
Tél. : (0)3 84 91 41 70. www.chateaudelapresle.com
Avant de rentrer à la maison : halte à Luxeuil
Impossible de quitter cette contrée de Besançon sans une halte aux thermes de Luxeuil, d’origine gauloise et restaurée par ordre de César (Luxovium) et rendue célèbre par Napoléon Ier qui y séjournait pour goûter aux bienfaits de ses eaux chaudes souterraines (55°). Aujourd’hui, elles fonctionnent toujours et sont recommandées pour trois domaines : gynécologie, phlébologie et rhumatologie. Tél. : 03 84 40 44 22. 1 jour, 6 soins : 89 euros, 4 soins : 49 euros ; forfaits 3 jours et 6 jours). Accès libre sans visite médicale en-dessous de 5 jours. Détente assurée, ambiance rétro après-guerre.
Au centre-ville, ne pas manquer de visiter la basilique St-Pierre-St-Paul où trônent de magnifiques orgues monumentales. Elles font parties des rares exemplaires datant de Louis XIV. (on peut les entendre lors de la messe, le dimanche matin.) Un peu plus bas, les amoureux du passé se pencheront sur les sarcophages gallo-romains en cours de fouille. La municipalité vient d’ouvrir une souscription pour financer un projet de musée ouvert.
Enfin, on jettera un coup d’œil (les lieux ne sont pas visitables) à St-Colomban (un moine irlandais de VIIe siècle), une abbaye bénédictine qui fut au haut moyen âge le plus important en Europe. www.luxeuil.fr Tél. : 03 84 40 06 41








