Raison numéro 1. : c’est sale
D’après les informations recueillies, cette île devait être une sorte de modèle de tourisme équilibré plutôt moyenne gamme et sans le tourisme de masse. Un contrôle du nombre de visiteurs sur l’île et des capacités d’hébergement limitées, étant censés garantir une qualité de vie. Dans la réalité, les « plages » sont très sales : pleines de mégots de cigarettes, papier divers, sacs en plastique et même de bouteilles en verre. Pieds nus déconseillés.

Nous avons loué un petit bateau afin de rechercher des criques tranquilles et peut être plus propres. Partout le même constat malgré des poubelles publiques installées parfois à plus de 45 mn de marche. Les règles de propreté ne sont pas encore arrivées jusqu’ici et il n’est pas rare de voir quelqu’un jeter ses papiers ou paquets de cigarettes vides par terre sur le port.
Raison numéro 2 : il n’y a rien à faire
Sans être de fervents adeptes des vacances culturelles, nous aimons bien visiter nos lieux de vacances et ne pas rester toute la journée sur une serviette de bain, au soleil. Sur Hvar il faut savoir changer d’habitudes car il n’y a rien à faire ni à voir. Pas de lieu historique, pas de grotte ou site géologique ou touristique. Rien du tout. Nous étions à Stari Grad, l’une des villes principales de l’île avec Hvar et Jelsa.

A Stari Grad même, il y a un petit port assez joli mais rien d’exceptionnel. En dehors de cela rien. Nous sommes allés également visiter la ville de Hvar qui possède un très joli, mais très petit port. Le centre historique est en effet agréable et a certainement valu le surnom de petit Saint-Tropez à l’île. Mais dès que l’on sort du centre on a affaire à des habitations HLM locales qui ruinent toute l’image de carte postale de la ville. Comme à Stari Grad rien à faire, excepté louer un petit bateau.
A Jelsa, même scénario même si c’est la ville que j’ai préféré. Un peu plus d’espace, quelques commerçants ambulants, des restaurants plus nombreux et une géographie plus agréable. Mais là encore pas d’activités.

Nous avons quand même identifié une excursion en mer pour visiter une grotte marine dans une île voisine. Renseignements pris nous ne l’avons pas faite. Je vous laisse juge : départ 9h le matin, retour 19h sur un petit bateau surpeuplé. Tarif 50 euros par personne avec le déjeuner poisson et tomate en salade.
Raison numéro 3 : il n’y a pas de plages
Le plus gros point noir de l’île c’est qu’il n’y a aucune plage de sable. Tout est en rocher et parfois assez dangereux surtout pour les enfants. Chaussures obligatoires. Pour combler ce manque, on trouve des « plages » en béton qui bordent la mer. Très pittoresque !

La première semaine il n’y avait pas trop de monde et l’on pouvait trouver quelques endroits praticables pour y rester une heure ou deux. La seconde semaine le gros des vacanciers et arrivé et ces pontons en bétons étaient pris d’assaut. Une avancée en béton surpeuplée dans une mer pas engageante en plein soleil avec des mégots de cigarettes partout : je vous laisse juger.
Raison numéro 4 : c’est très cher
On pourrait s’attendre à ce que le coût de la vie soit abordable en regard du pouvoir d’achat croate. Et bien tout est hors de prix. Compter 15 euros pour un plat de calamars frais grillés, 7 euros pour une salade de poulpes surgelés et dix euros pour une bouteille de vin blanc local. Le prix de tous les produits frais est généralement assez élevé et quelques tomates, un peu de raisin et divers légumes vous coûteront facilement 25 euros.

Côté hébergement les locations sont entre 500 et 1000 euros la semaine pour des studios aux deux pièces. Nous avions opté pour la location d’une villa en bord de mer et là, rien à dire par rapport aux prestations promises. Précision : le propriétaire vit en Hollande et connaît parfaitement les habitudes européennes. Il y avait surtout une belle vue sur la mer d’où j’ai pris le soleil se couchant sur la baie

Raison numéro 5 : il n’y a pas de produits frais et la nourriture laisse à désirer.
C’est peut être notre plus grande surprise. Nous nous attendions à trouver des poissons et autres crustacés frais dans de charmants petits restaurants, au marché ou chez les traiteurs. Rien de tout cela.
Tout d’abord il n’y a pas de boucherie, pas de charcuterie ni poissonnerie. Pour faire ses courses il faut passer par les supermarchés locaux qui ne vendent que du surgelé ou des produits sous blister. Même la charcuterie est industrielle.
Nous n’avons aperçu qu’une seule sorte de poison dans un supermarché local, tout le reste est surgelé ! En plongeant dans des petites criques, nous avons vu de nombreux oursins mais pas un seul dans un restaurant. Le reste de la nourriture est à l’avenant plutôt calqué sur des goûts germaniques et autrichiens malgré la présence d’assez nombreux Italiens.

Raison numéro 6 : c’est une ile.
Hvar a beau être une île assez grande : 100 km sur 10 en moyenne mais dont une grande partie est pelée comme le mont chauve. Pour le reste à part les axes Stari Grad-Jelsa-Hvar, le réseau routier ne permet pas de se déplacer dans des délais raisonnables. Exemple Stari Grad Sucuraj, à l’extrême sud-est de l’ile, 70 kilomètres mais deux heures de route. C’est dommage car c’est de Sucuraj, très prês de la côte, que l’on peut rejoindre Dubrovnic rapidement et cela nous aurait fait une journée découverte.

Raison numéro 7 l’accessibilité depuis la France
Pour se rendre à Hvar depuis Paris il n’y a pas de vols directs. Différentes possibilités sont offertes à peut prêt toutes équivalentes. Nous avions choisi le vol Paris/Budapest puis Budapest/Split. A Split prendre un ferry, environ deux heures pour se rendre sur l’île. Ce qui fait quelque douze heures de voyage avec les transits.
Pour le retour c’est pire car le risque de râter une correspondance impose un voyage encore plus long.
Démonstration : les horaires de ferry pour le retour Hvar-Split sont avec un départ à 8 ou 11h30 et notre premier vol vers Budapest est à 15h20. La simulation avec un départ vers 11h30 nous paraît trop risquée et nous optons pour le ferry de 8h. Cela impose d’être sur place à 6h30 car il faut y être 1h30 avant le départ pour être sûr d’embarquer (il est impossible de réserver), il faut donc quitter notre résidence vers 6h.

Si nous avions opté pour le ferry de 11h30 cela nous aurait fait arriver à Split à 13h30 (à condition que les horaires soient respectés). Le trajet vers l’aéroport est d’environ 40mn, il faut ensuite rendre la voiture de location, n’oubliez pas de refaire le plein… le temps de s’enregistrer c’est trop juste. Une chance sur deux de râter le vol et stress garanti. Nous en avons profité pour faire une petite visite du centre historique de Split. Avec 39° de température extérieure la visite a été écourtée mais c’est une jolie ville.
Ensuite second vol de Budapest vers 19h, arrivée Roissy vers 21h, le temps de récupérer les bagages et d’attraper un taxi, arrivée au domicile vers 22h. Temps total : 16h pour une destination de moins de 2000 km.
Conclusion
Donc à part si vous êtes adepte du bronzage toute la journée sur une plaque de béton, évitez Hvar.








