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3e rencontres du Snav (3) : Le tourisme responsable progresse dans le flou

mercredi 21 octobre 2009, par Valérie Le Boudec
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Tourisme durable, tourisme équitable, tourisme éthique, tourisme solidaire… , dans la tête du consommateur tout se mélange. Certes, cela correspond à une tendance émergente… Mais en matière d’offre touristique rien n’est très clair…D’autant que certains surfent sur ce créneau pour faire des coups « marketing », des effets d’annonces.

Tourisme durable, tourisme équitable, tourisme éthique, tourisme solidaire… , dans la tête du consommateur tout se mélange. Certes, cela correspond à une tendance émergente… Mais en matière d’offre touristique rien n’est très clair…D’autant que certains surfent sur ce créneau pour faire des coups « marketing », des effets d’annonces. Vaguement, on a tous conscience de ce qu’est le tourisme responsable : plus respectueux de l’environnement, des populations locales, de leur culture, de leur mode de vie, mais avouons que l’on s’emmêle vite les pinceaux : l’humanitaire, le militantisme, l’écologie pure et dure. Rachid Amirou, sociologue, présent aux 3e rencontres du Snav (Les Professionnels du voyage), à Tozeur, du 15 au 18 octobre, résume un peu tout cela « Quand on fait des études qualitatives sur la notion de développement durable, on se rencontre que c’est lié à une notion de souffrance. Or on peu se faire plaisir et faire plaisir aux autres. » Selon ce spécialiste, les principes du tourisme durable reposent sur les trois piliers suivants :
-  Exploiter au maximum les ressources de l’environnement
-  Respect de l’authenticité socio-culturelle des populations d’accueil
-  Idée qu’il faut qu’il y ait un avantage économique, si possible équitable. Etonnamment, le tourisme durable a ses limites car il ne favorise pas toujours l’émergence de compétences locales. « Aujourd’hui, il y a un amateurisme qui peut être contre-productif, précise Rachid Amirou, l’équité économique n’est pas toujours transparente. » Autre constat du sociologue : « il y a aussi, souvent, une méconnaissance totale de l’histoire des pays, y compris par les acteurs locaux. Souvent on est sur des territoires qui ont un passé important dont on néglige la pertinence au niveau touristique. » Plus grave encore, la notion d’authenticité, souvent totalement fabriquée pour satisfaire le goût des touristes. « Or, le stéréotype ca marche ». Et derrière l’authenticité, on fige des populations dans une image que l’on se fait d’elle….l’authenticité, pour les touristes, renvoie souvent à une idée de simplicité, de pauvreté. Dans un article que j’ai écrit dans Libération j’ai dit clairement que le développement durable peut être un frein durable au développement des populations et des territoires. »

D’ailleurs, certains vont jusqu’à prendre des positions radicales , « Il y a en effet des courants qui s’opposent au développement touristique, confie Rachid Amirou, et proposent une décroissance : ne pas voyager, ne pas utiliser les transports, etc. Actuellement je pense que c’est dans le durable qu’il y a des solutions et je ne partage pas ces théories de la décroissance. »

Et les professionnels du voyage, que pensent-ils de tout cela ? Au sein du Snav une commission spécifique a été créée pour plancher sur cette thématique. « Nous sommes revenus sur du pragmatisme en essayant de définir comment la profession pouvait rebondir sur cette nouvelle tendance de consommation », expliquent Erich Choulant et Christian Orofino, ses deux co-présidents. Les premiers travaux ont d’ailleurs porté sur une réflexion pour mieux gérer le gâchis généré par les brochures. « 100 millions de brochures ont été éditées en 2008, on considère que 40 % sont jetées à la poubelle . Nous voulons mieux gérer cela et proposer de nouveaux outils aux clients. Nous réfléchissons aussi à la mise en service d’une boîte à outils afin que le conseiller voyage puisse mieux répondre à ses clients sur cette thématique… car aujourd’hui les conseillers sont démunis par rapport aux différentes questions qu’on peut leur poser. Or le tourisme responsable, car nous l’appelons ainsi, est une tendance lourde. » La commission travaille aussi à la création d’un label qui serait une garantie de trouver des produits responsables. Mais rien n’est encore très concret.

Yves Godeau, président d’ATR, résume les raisons pour lesquelles il a créé cette association. « Les clients venaient sur nos circuits et constataient des dysfonctionnements, en particulier sur les populations locales et les salariés des réceptifs. Autre constat : notre terrain de jeu est l’environnement (les paysages, les populations locales, etc.). C’est pour ces raisons que l’on voyage. On s’est rendu compte qu’on défendait notre propre business en défendant l’environnement car quoi de pire qu’une boîte de conserve au milieu des dunes du désert…Ca ne le fait pas ! Reste que Yves Godeau est bien conscient qu’aujourd’hui il n’y a pas de demande claire en matière de tourisme durable… M. Amirou le confirme « il y a une carence de l’offre et en plus la demande latente des touristes est mal formulée. Il faut surtout dédramatiser en disant aux gens vous n’êtes pas obligés de voyager ascétique pour faire du tourisme responsable » Notion floue, offre floue… mais la tendance est bel et bien installée. Le paysage devrait s’éclaircir dans les prochaines années. D’autant plus vite sous l’impulsion de réglementations européennes. « Il y a le début de quelque chose, il y a une sensibilisation de la population… Le reste viendra…

A lire également : Rencontres du Snav :
- Article 1 : http://www.voyage.youvox.fr/3eRenco...

- Article 2 : Nouveaux comportements des consommateurs : http://www.voyage.youvox.fr/3-Renco...


mercredi 21 octobre 2009, par Valérie Le Boudec
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