Un premier scanner corporel censé améliorer les capacités de contrôle dans les aéroports a été mis en service lundi en France à titre expérimental à Roissy-Charles de Gaulle pour les vols vers les Etats-Unis. Cet équipement, qui permet de « mettre à nu » sur écran les passagers, fait son apparition en raison d’une tentative manquée d’attentat contre un vol Amsterdam-Detroit avec 300 passagers à bord le jour de Noël. Un présumé militant islamiste avait tenté de mettre à feu des substances explosives collées sur son corps.
Pour le moment le passage dans le scanner, une sorte de cabine transparente reliée à des écrans situés dans une salle placée à distance qui utilise la technologie des ondes millimétriques, est facultatif. Et il ne remplace pas les portiques et fouilles habituelles mais s’y ajoute. Cette expérience censée durer plusieurs mois est menée sur initiative du gouvernement. Les femmes ne peuvent être vues sur écran que par des femmes, et les hommes par des hommes, assure-t-on à l’aéroport. Le personnel ne pourra en principe jamais mettre en correspondance l’image dénudée avec la personne réelle.
Patrick Gandil, directeur général de l’aviation civile, a expliqué qu’il s’agissait d’un démonstrateur. « Nous ne pourrons engager l’expérimentation que lorsque l’article figurant dans le projet de loi Loppsi aura été définitivement voté. C’est une phase d’évaluation et d’expériences. Avec ce système, on peut voir tout objet figurant sous les vêtements. Les ondes se réfléchissent sur la surface de la peau. Il n’y a aucune pénétration dans le corps humain », a expliqué Patrick Gandil.
La Ligue des droits de l’homme a fait remarquer que cette mesure n’était formellement pas légale, puisqu’elle vient d’être votée en première lecture la semaine dernière à l’Assemblée et qu’elle doit encore être examinée au Sénat puis promulguée. L’association considère que la technique porte atteinte à l’intimité et à la vie privée et appelle à « la plus extrême vigilance ». Elle remarque que ses modalités d’application sont renvoyées à un décret en Conseil d’Etat.
De tels équipements, censés pouvoir détecter des substances qui passent sans encombre sous les portiques et à la fouille, sont déjà en service à Amsterdam, Londres-Heathrow, Moscou et aux Etats-Unis notamment.






